Au fil des mots : blog de la paroisse protestante unie de Chabeuil - ChâteaudoubleAu fil des mots

Poèmes, textes... il nous ont touché, ont résonné en nous. Nous vous les proposons.

Les murs

Les murs ne sont pas toujours au-dehors...

Les mursDans tous les murs il y a une lézarde, dans toute lézarde, très vite, il y a un peu de terre, dans cette terre, la promesse d’un germe, dans ce germe fragile, il y a l’espoir d’une fleur, et dans cette fleur, la certitude ensoleillée d’un pétale de liberté.

Oui, la liberté est en germe même dans les murs les plus hostiles. La liberté peut naître d’une fissure, d’une rupture, d’un abandon. Elle peut naître aussi d’une ouverture, d’un mouvement ou d’un élan de tendresse.

La liberté a de multiples visages, elle est parfois la caresse d’un regard qui a croisé le mien, le rire d’une parole qui a transformé la mienne pour en faire un chemin.

Les murs les plus cachés sont souvent au-dedans. Et dans ces murs aussi, il y a des lézardes…

Laisse pousser tes fleurs. Elles sont les germes de la vie à venir.

Jacques Salomé

Charlie Chaplin

Charlie Chaplin a connu et la misère, la grippe espagnole et est mort à 88 ans.

Charlie Chaplin Il nous a laissé 4 déclarations :

  • Rien n'est éternel dans ce monde, pas même nos problèmes.
  • J'aime marcher sous la pluie, car personne ne peut voir mes larmes.
  • Le jour le plus gâché de la vie est le jour où nous ne rions pas.
  • Les six meilleurs médecins au monde sont :
    • 1. Soleil,
    • 2. Repos,
    • 3. Entraînement,
    • 4. Régime alimentaire,
    • 5. Estime de soi,
    • 6. Amis.

Gardez-les à toutes les étapes de votre vie et profitez d'une vie saine...
Si tu vois la lune, tu verras la beauté de Dieu.....
Si tu vois le soleil, tu verras la puissance de Dieu...
Si vous voyez le miroir, vous verrez la meilleure création de Dieu.
Alors crois-le.
Nous sommes tous des touristes, Dieu est notre agent de voyage qui a déjà fixé nos itinéraires, réservations et destinations... Faites-lui confiance et profitez de la VIE
La vie est juste un voyage !
Vivre aujourd'hui !!!!

Un Noël pas comme les autres

Une maman qui console son bébé au milieu du chaos d’une étable.
Des bergers, habillés de haillons sentant le mouton, viennent célébrer le tout petit roi qui dort dans une mangeoire.
Tout cela a l’air bien humble, simple, à portée de main.

Aimer comme Marie, au milieu d’une année sens dessus dessous.Un Noël pas comme les autres
Être là pour nos proches, montrer que cette pandémie mondiale ne changera pas notre affection pour eux.
Se réjouir comme les bergers de ce qui est donné, présent. Chercher et célébrer ce qui est petit, caché, précieux.

C’est ce temps d’expectative joyeuse qui caractérise l’Avent.
La lumière qui brille de plus en plus, le réconfort qui s’installe, la promesse d’une rencontre, l’annonce d’une naissance imminente. Une rencontre, une lumière, un don.
A nous d’accueillir la lumière et de la refléter autour de nous !

Lire la suite...

Message aux Eglises locales et paroisses de l'Eglise protestante unie de France

Le 24 octobre 2020

Le Synode national de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), réuni le 24 octobre 2020 à Paris en multiplex veut tout d’abord exprimer sa reconnaissance à Dieu pour les biens dont il nous comble.

C’est Lui qui nous tient unis les uns aux autres.

Reconnaissance à Dieu qui fait toutes choses nouvelles. Il ouvre un chemin là où tout est bloqué. Il remet debout ceux qui sont tombés. Dans l’épreuve que nous vivons collectivement, alors que le désespoir rôde, nous vivons et réaffirmons notre espérance.

C’est dans cette espérance que nous voulons évoquer la tragique actualité récente.

L’assassinat de M. Samuel Paty par une personne fanatisée a bouleversé la France. C’est un acte ignoble, épouvantable. La juste réponse ne peut pas être d’assigner les croyants à vivre leur foi dans la seule sphère privée. D’une part parce que les croyants ne sont pas des fanatiques. Le fanatisme est une maladie de l’idéologie. Et d’autre part parce qu’au contraire, il faut parler davantage de religion et de foi, il faut débattre, il faut mettre de la raison, de l’intelligence, de la théologie dans l’espace public, croiser les regards et les domaines scientifiques, exercer une critique des exposés dogmatiques.

Ce qui alimente le fanatisme, c’est la simplification, la généralisation et l’inculture.

L’Église protestante unie a un rôle à jouer dans la construction d’une société immunisée contre ce poison. Dans la vigilance et l’espérance, marchons en confiance et avec courage dans la communion donnée par Dieu.

Se souvenir du serrement de mains


Si l’habitude du serrement de main devait disparaître, ce serait une vraie perte, un recul de civilisation.

Se souvenir du serrement de mainsSouvenons nous du serrement de main du serment, du serrement de main du contrat conclu et que l’on s’engage à respecter.
Souvenons nous de la poignée de main des sportifs à la fin de la joute, de la poignée de main, très ancienne, immémoriale, de qui voulait signifier qu’il avançait désarmé, sans dague cachée, sans intention hostile et belliqueuse…
Souvenons nous de la poignée de main fraternelle, en même temps que le tutoiement que les quakers opposaient au goût pour le cérémoniel de l’establishment américain, la génuflexion…
Souvenons du Président Roosevelt (prix nobel de la Paix) qui disait « malheur à qui ne sait pas reconnaître son prochain à sa poignée de main », de la Révolution française et de sa volonté d’imposer ce geste citoyen face aux révérences et prosternations de l’Ancien Régime, de l’égalité entre les hommes et les femmes qui passe aussi par là, de cette héroïne de Jane Austen dans « Raisons et sentiments » qui traverse au mépris des conventions, un salon londonien afin d’aller serrer la main de l’hmome qu’elle aime…
Souvenons nous des caricatures, qui au début du XX° siècle, moquaient Edouard VII à la main droite toujours gantée de façon à ne pas s’exposer aux contacts avec ceux qui n’étaient pas de son monde…
Souvenons-nous de Victor Hugo qui ponctuait invariablement ses lettres d’un « je vous serre les mains »,
Souvenons nous que l’avantage de la poignée de main permet d’être proche mais pas trop, de se toucher sans effusion, bref de créer et maintenir la juste distance...

Extraits d'un bloc notes de Bernard-Henri Levy

Poème à mon frère blanc

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

Léopold Sédar SENGHOR

La bonté

Ces dernières semaines, l’épreuve était le confinement chez soi. Encore une fois, la majorité de la population s’est comportée avec civisme. Et encore une fois, le pays a traversé l’épreuve grâce au dévouement de personnes ordinaires : les aides-soignantes, les infirmières, les caissières.

Ces hommes et ses femmes m’ont fait penser à ce que Vassili Grossmann appelait dans son roman, Vie et Destin, la petite bonté.
L’écrivain met en scène le vieil Ikonnikov, un soviétique interné dans un camp de concentration allemand, qui médite sur le sens du bien. Il commence par remarquer qu’une des leçons de l’histoire est que les grandes idéologies qui prônent le bien comme absolu ont fini dans la tyrannie.
Au grand bien, le prisonnier oppose la petite bonté : « C’est la bonté d’une vieille, qui, sur le bord de la route, donne un morceau de pain à un bagnard qui passe, c’est la bonté d’un soldat qui tend sa gourde à un ennemi blessé, la bonté de la jeunesse qui a pitié de la vieillesse, la bonté d’un paysan qui cache dans sa grange un vieillard juif. C’est la bonté de ces gardiens de prison, qui, risquant leur propre liberté, transmettent des lettres de détenus adressées aux femmes et aux mères… Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, une petite bonté sans idéologie. On pourrait la qualifier de bonté sans pensée. Mais, si nous y réfléchissons, nous voyons que cette bonté privée, occasionnelle, sans idéologie, est éternelle. »

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la parole de Jésus : « Quand tu fais un acte de compassion, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. » (Matthieu 6.3)

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la foi de Paul Ricœur : « J’ai besoin de vérifier la conviction qu’aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui. »

Une bonté sans pensée qui m’interdit de désespérer de mon prochain

Antoine Nouis

Le tailleur et le noble

Un tailleur juif fut chargé par un noble de sa ville de coudre une rare pièce de vêtement dans un précieux tissu acheté à Paris. Le noble lui recommanda de réaliser un chef d'œuvre. Le tailleur sourit et répondit qu'il n'avait pas besoin d'encouragement car il était le meilleur de la région.

Le tailleur et le noble - Fable de Erri de LucaSon travail une fois terminé, il porta le vêtement à son illustre client, mais en échange il ne reçut que des injures et se vit accusé d'avoir gâché le tissu.

Le tailleur, décontenancé et humilié, alla demander conseil au roi Reb Yerahmiel qui lui dit à peu près ceci : "défais toutes les coutures du vêtement, puis refais les exactement dans les mêmes points qu'avant. Ensuite rapporte le lui".

Le tailleur suivit l'étrange conseil et rapporta le vêtement au noble. A sa grande surprise le Seigneur parut enthousiasmé par le travail et ajouta même une prime à son salaire.

Reb Yerahmiel lui expliqua ensuite ceci : "la première fois tu avais cousu le vêtement avec arrogance et l'arrogance n'a pas grâce. C'est pourquoi tu as été repoussé. La seconde fois tu as cousu avec humilité et le vêtement a pris toute sa valeur."

Extrait de Alzaïa, Erri De Luca. Erri De Luca est un écrivain, poète et traducteur italien contemporain.

Anagramme

Sauriez-vous trouver l'anagramme de Résurrection ?

Repositionnez les lettres en suivant les flèches pour trouver la solution, particulièrement adaptée au temps présent...

Quel est l'anagramme de Résurrection ?

8 mai 2020

Magda Hollander-Lafon (92 ans) fait partie des derniers rescapés d’Auschwitz-Birkenau.
Face à l’épidémie mondiale de coronavirus, elle nous invite à puiser en nous la force de la vie.

 

Magda Hollander-Lafon « Dans les camps, j’ai connu la peur. La peur de l’autre. La peur vous paralyse, vous n’avez plus de mot, vous n’existez plus. On fait de vous ce que l’on veut.
Dans les camps, un moment, il m’a été donné de ne plus avoir peur : j’ai accepté l’idée que j’allais mourir. En acceptant cette peur, en me disant « je vais mourir », une force de vie est montée en moi, une imagination débordante s’est emparée de moi et j’ai pu inventer la vie.
Si l’on s’approchait de moi pour me battre, et Dieu sait ce qu’être battue dans un camp veut dire, je ne sentais plus les coups. J’étais tellement préoccupée par ce que j’avais à faire, à inventer, pour survivre encore un peu. En nommant la peur, la peur n’a pas raison de nous car, en face d’elle, nous existons.

Le contexte actuel est totalement différent. Même si, en cette période de catastrophe sanitaire mondiale et du confinement qui en découle pour protéger nos vies et celles des autres, nous avons peur.

Nous pouvons nous sentir dépassés, nous replier sur nous, nous sentir victimes ou bien traverser humblement l’événement en nous tournant vers notre intériorité, y retrouver la force de vie qui habite chacun de nous, y puiser la confiance et l’espérance, l’envie de rassembler. Appeler en soi le goût, l’amour des autres, la reconnaissance, la gratitude…

Aujourd’hui, je suis émerveillée des gestes de solidarité qui se multiplient. Le mot solidarité me touche beaucoup. Être solidaire, c’est reconnaître l’autre dans son existence même. Un regard peut tuer, un regard, un sourire, une parole, un appel téléphonique peuvent appeler à la vie.
Tous ces gestes viennent dire que chacun peut donner le meilleur de soi, mettre son attention, son imagination au service de l’autre.

Développer la présence à soi permet de développer la présence et la reconnaissance de l’autre là où il est. Demain dépend de la manière dont nous vivons ce présent. Ce qui compte, c’est de porter, supporter, assumer une souffrance.
Mon expérience des camps m’a donné la certitude que nous possédons en nous une énergie intense et unique par laquelle nous pouvons trouver, chaque jour, la force d’inventer la vie. Cette crise nous invite à plus de solidarité, à puiser en nous-mêmes des ressources que nous ne connaissions pas, à faire de notre mieux, exactement là où nous sommes.

Puisqu'il est question de contagion, que ce soit celle de plus d'amour et de service à l'autre. Alors, il se pourrait que demain nous réserve de belles surprises. »

Magda Hollander-Lafon est née dans une famille juive et a été déportée à l’âge de seize ans à Auschwitz-Birkenau où toute sa famille a péri. Mais au cœur de l’horreur, elle a rencontré aussi la bonté. Celle, par exemple, de cette femme qui, en mourant, ouvre la main pour lui offrir quatre petits bouts de pain. Rescapée de la Shoah, elle est recueillie en Belgique et devient psychologue pour enfants, rencontre à cette époque la foi chrétienne et se définit aujourd’hui comme juive baptisée. Elle intervient auprès des jeunes pour témoigner, mais aussi parfois pour les accompagner intérieurement.
Magda Hollander-Lafon est auteure et a notamment écrit "Quatre petits bouts de pains : des ténèbres à la joie