L’exode

Jadis présent dans la vie des patriarches auxquels il promet une nombreuse descendance, Dieu devient maintenant celui de tout un peuple. Dans cet exposé nous étudierons la délivrance et le voyage des Hébreux. Dans le prochain, nous verrons les lois et la religion d'Israël.

 

1. PLAN DU LIVRE DE L'EXODE

En hébreu, ce livre s'appelle SHEMOT, qui signifie "les noms", car il commence par la phrase "et voici les noms", qui précède l'énumération de la descendance de Jacob.
Après cette liste de noms, on vient à cette extraordinaire épopée dans l'ordre suivant :

MOISE : Première partie, chapitres 1 à 4.
- Description de la servitude et des souffrances des Hébreux, contraints aux travaux forcés.
- Naissance de Moïse dans la tribu de Lévi et son adoption par la fille du pharaon.
- Moïse fuit l'Egypte et se réfugie à Madian, où il se marie.
- Dieu se manifeste à Moïse et l'envoie parlementer avec le Pharaon.

LA DELIVRANCE : Deuxième partie, chapitres 5 à 15, 20.
- Les pourparlers avec le Pharaon et les 10 plaies.
- L'instauration du rite pascal.
- La sortie d'Egypte.
- Le passage de la mer.
- Le cantique de Moïse.

LA VIE DANS LE DESERT : Troisième partie, chapitres 15,22 à 19
- Dieu pourvoit aux besoins d'eau et de nourriture.
- Nomination des chefs pour gouverner le peuple.

LE DON DE LA LOI : Quatrième partie, chapitres 20 à 31
- Dieu se manifeste au Sinaï et propose son alliance.
- Dieu donne à Moïse le décalogue et d'autres lois.
- Dieu donne les instructions pour la construction du sanctuaire et la célébration du culte.

LE SANCTUAIRE : Cinquième partie, chapitres 32 à 40
- Le peuple rompt l'alliance avec le veau d'or.
- L'alliance est renouvelée.
- Le sanctuaire est construit.

La narration continue dans le livre des Nombres...

40 ANS DANS LE DESERT : Nombres 10 à 14
- Le peuple se remet en marche.
- Le peuple murmure contre les conditions de vie.
- 70 anciens sont établis pour partager "le fardeau de Moïse".
- 12 espions sont envoyés en Terre Promise.
- Le peuple refuse d'entrer en Canaan et Moïse intercède.
- Le peuple est condamné à errer 40 ans dans le désert.

INCIDENTS ET CONFLITS : Nombres 16 à 21,9
- Myriam et Aaron murmurent contre l'épouse nubienne de Moïse
- Révoltes de Coré, Datân et Abiram et châtiment.
- Instauration de la dîme et des offrandes comme revenu des prêtres et des lévites.
- Moïse frappe le rocher à Mériba.
- Des serpents attaquent les Israélites et le serpent d'airain est élevé.

PREMIERES CONQUETES Nombres 21,10 à 34
- La Transjordanie est conquise.
- Balaam bénit les Israélites contre son gré.
- Les Israélites se livrent à la débauche et à l'idolâtrie avec les femmes moabites.
- Josué succède à Moïse.
- Le peuple se prépare à la conquête de Canaan et au partage du pays.

 

2. LE VOYAGE DES HEBREUX (tentative de reconstitution)

LES LIEUX
1. Ramsès : Israël sortit d’Égypte (Exode 12; Nombres 33:5).
2. Succoth : Quand les Hébreux quittèrent ce premier camp, le Seigneur les accompagna dans une nuée le jour, une colonne de feu la nuit (Exode 13:20–22).
3. Pi-Hahiroth : Israël y traversa la mer Rouge (Exode 14; Nombres 33:8).
4. Mara : Le Seigneur assainit les eaux de Mara (Exode 15:23–26).
5. Élim : Israël campa près de 12 sources (Exode 15:27).
6. Désert de Sin : Le Seigneur envoya la manne et les cailles pour nourrir Israël (Exode 16).
7. Rephidim : Israël y combattit Amalek (Exode 17:8–16).
8. Le Sinaï (mont Horeb ou Djebel Musa) : Le Seigneur y révéla les dix commandements (Exode 19–20).
9. Désert du Sinaï : Israël y construisit le tabernacle (Exode 25–30).
10. Camps du désert : Soixante-dix anciens furent appelés pour aider Moïse à gouverner le peuple (Nombres 11:16–17).
11. Etsjon-Guéber : Israël traversa en paix les pays d’Ésaü et d’Ammon (Deutéronome 2).
12. Kadès-Barnéa : Moïse envoya des espions dans la terre promise; Israël se rebella et ne put entrer dans le pays; Kadès fut, pendant de nombreuses années, le camp principal d’Israël (Nombres 13:1–3, 17–33; 14; 32:8; Deutéronome 2:14).
13. Désert de l’Est : Israël évita un conflit avec Édom et Moab (Nombres 20:14–21; 22–24).
14. L’Arnon : Israël détruisit les Amoréens qui le combattaient (Deutéronome 2:24–37).
15. Le mont Nébo : Moïse vit la terre promise (Deutéronome 34:1–4). Il prononça ses trois derniers sermons (Deutéronome 1–32).
16. Plaines de Moab : Le Seigneur dit à Israël de diviser le pays et d’en déposséder les habitants (Nombres 33:50–56).
17. Le Jourdain : Israël traversa le Jourdain à pied sec. Près de Guilgal, des pierres provenant du lit du Jourdain furent utilisées pour dresser un monument rappelant la division des eaux du Jourdain (Josué 3–5:1).
18. Jéricho Les enfants d’Israël prirent et détruisirent la ville (Josué 6).
(Source http://scriptures.lds.org/fr/)

 

3. MOISE

Moïse est une figure immense, non seulement pour les Israélites, mais pour l'humanité toute entière.
Sa naissance rappelle l'histoire du roi Sargon d'Akkad. De nombreux personnages importants de l'antiquité se rattachent à des légendes d'adoption plus ou moins étranges.
Notez que son inspiration provient de sources multiples :
- Par sa naissance, il fait partie du peuple hébreu.
- Par son éducation et culture, il est égyptien.
- Il reçoit la révélation au sein du peuple madianite, descendant d'Abraham comme les Hébreux.
Des Madianites, nous savons peu de chose. Cependant certains indices, bibliques et archéologiques (découverte d'un sanctuaire madianite du XIIème siècle à Timna, extrême sud d'Israël, près du golfe d'Akaba) laissent penser qu'un foyer de spiritualité y était établi, au pied du Sinaï. Le prêtre madianite Jéthro a une grande influence sur Moïse, qui écoute ses conseils et les met en pratique. Plus tard il insistera pour garder auprès de lui Hobab, fils de Jéthro.

L'influence de la religion égyptienne sur Moïse est contestée. On parle de la réforme monothéiste d'Akhénatôn (aurait-elle laissé des partisans ?) comme une de ses sources d'inspiration, mais les vestiges de cette réforme ont été balayés de l'histoire égyptienne.

En tout cas Moïse est un produit de plusieurs civilisations, accumulant le savoir et la spiritualité de plusieurs peuples.
Il est considéré par la Bible comme l'homme le plus patient ayant jamais existé. Il y est présenté comme un chef compétent et un grand législateur, mais surtout comme celui qui parle à Dieu en tête à tête et intercède pour son peuple afin de le préserver de la colère de Dieu.
Moïse apporte à l'humanité le précieux cadeau du décalogue, qui exprime en peu de mots les devoirs de l'être humain envers son Dieu et son prochain.

Moïse avait-il des cornes ?
Dans beaucoup de représentations, Moïse apparait avec des cornes sur la tête, notamment dans la célèbre sculpture de Michel-Ange. Ce détail provient de la Vulgate. St Jéôme y traduit dans Exode 34, 29 le mot hébreu karan par cornue, alors que ce mot est traduit ailleurs par rayonnante. "Moïse ne savait pas que la peau de son visage était devenue rayonnante" (Traduction TOB). Bien sur, pour les hébreux, le mot cornue n'avait pas de sens péjoratif. Il était synonime de puissance et de majesté.

 

4. LE NOM DE DIEU

Le nom de Dieu est révélé à Moïse dans le buisson ardent (Exode 3). Les Israélites ne le connaissent pas. Dieu se présente : Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Et il ajoute immédiatement "j'ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l'ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée".
Mais Moïse insiste : au nom des Israélites, il désire savoir le nom de ce Dieu, qui se cache derrière ses adorateurs. Alors Dieu s'identifie, non par un nom, mais par un VERBE.
JE SUIS. Quel nom pourrait être plus approprié à Dieu ? Dans la langue hébraïque le présent de l’indicatif n’est pas utilisé. Car quelle action peut être parfaitement située dans le présent ? Pour l’hébreu l’action est forcément située dans le passé ou dans le futur. Seul Dieu est toujours au présent, car il est éternel. Dieu s’appelle JE SUIS CELUI QUE JE SERAI (YHWH) c’est à dire, on me connaîtra quand je me serai révélé ; et cette forme verbale, écrite à l’origine sans voyelles, est tellement sacrée que sa prononciation est tombée dans l’oubli. Récemment on a essayé d’y ajouter les voyelles du mot hébreu Adonaï (le Seigneur) que les hébreux prononcent à la lecture du mot YHWH, et cela a donné Jéhovah, puis Yahvé. Ces mots sont donc des artifices, et les Bibles en français traduisent YHWH par l’éternel ou le Seigneur.
Plus tard Dieu confirmera à Moïse (Exode 6) : "Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme Dieu Puissant, mais sous mon nom, YHWH, je ne me suis pas fait connaître d'eux."

Il y a des sources non bibliques du mot YHWH. Sur la stèle de Tel Dan (VIIIème ou IXème siècle) apparaît le mot Yoram (nom théophore, c'est-à-dire qui porte le nom de Dieu, comme beaucoup de noms propres de l'antiquité)), qui signifie "YHWH est élevé". Sur la stèle de Mesha (IXème siècle) apparaît la phrase : "J'emportai de là les vases de YHWH et je les traînai devant la face de Kamosh."(Mesha est un roi de Moab qui célèbre sa victoire sur les Israélites).

 

5. LES PLAIES

Le Pharaon ne laisse pas partir les Israélites dans le désert pour "faire un sacrifice".
Au contraire, il augmente les corvées.
Alors des plaies s'abattent sur l'Egypte :
- Eau changée en sang
- Grenouilles (crapauds)
- Moustiques (poux)
- Mouches (vermine) (taons)
- Peste du bétail
- Furoncles (ulcères)
- Grêle
- Sauterelles (criquets)
- Obscurité (ténèbres)
- Mort des premiers-nés.

La description de ces plaies ne plaide pas pour l'historicité du récit de l'Exode. En effet, l'ensemble de ces catastrophes équivaut à un hiver nucléaire. Elles auraient anéanti l'Egypte et on trouverait forcément des vestiges archéologiques non seulement en Egypte mais dans tout le moyen Orient. Or l'Egypte est une forteresse multimillénaire, affrontant les événements avec une inébranlable stabilité, depuis le néolithique jusqu'à Alexandre de Macédoine. Et il n'y à aucun récit qui puisse corroborer l'existence de ces catastrophes.
La narration poursuit un autre but : celui de battre les divinités égyptiennes sur leur propre terrain, car les dieux d'Egypte habitaient les animaux et les forces naturelless: le fleuve et presque tous les animaux connus étaient des dieux. Le récit montre par les plaies que ces dieux sont impuissants à protéger leurs adorateurs.


6. LA PAQUE

La Pâque (Pessah en hébreu) est la principale fête du calendrier juif.
Son origine se perd dans les débuts de l'agriculture et de l'élevage, car elle a une double origine : l'agnelage et la germination des céréales.
La sortie d'Egypte lui donne sa connotation spirituelle : c'est le passage de la servitude à la liberté. Elle est associée à un double sacrifice : celui de l'agneau dont le sang badigeonne les linteaux et celui des premiers-nés des Egyptiens.
Ce "passage" est illustré par la hâte avec laquelle le repas est pris : les Israélites le mangent debout, les sandales aux pieds, les reins ceints et le bâton à la main.
Ils accompagnent l'agneau rôti de pains sans levain, car cette hâte ne permettait pas la fermentation de la pâte.
Plus tard les chrétiens fêtent aussi la Pâque : Jésus, l'agneau de Dieu, donne sa vie sur la croix à l'occasion de cette fête.


7. LA VIE DANS LE DESERT

Peu après la sortie d’Egypte le peuple commence à ressentir cruellement le manque des commodités de l’Egypte : d’abord ils ont soif, puis ils ont faim.
Après trois jours, ils n'ont plus d'eau et celle qu'ils trouvent à Mara est amère. Ils commencent alors à murmurer contre Moïse. Après avoir prié Dieu, Moïse jette un bois dans l'eau et la rend buvable.
Un peu de répit les attend à Elim, une oasis, où ils restent quelque temps.
Un autre problème se pose alors qu'ils traversent le désert de Sin : que vont-ils manger ? Ils murmurent de nouveau, en regrettant les marmites de viande et le pain d'égypte.
L'éternel explique à Moïse qu'il va envoyer la manne, qui tombera tous les jours, sauf le septième. Le peuple doit en cueillir juste ce qu'il faut pour ses besoins, tous les jours, et le sixième jour, le double.
Le soir même, Dieu envoie un vol de cailles pour apaiser leur envie de viande, et le lendemain matin le peuple trouve la manne : des graines blanches et sucrées, qui se trouvent à même le sol.
Il envoie aussi la nuée pour les protéger des ardeurs du soleil et la colonne de feu pour les éclairer la nuit. Mais le peuple murmure toujours contre Moïse, qui est reconnu par la Bible comme l’homme le plus patient.
Le désert, dans la Bible a une signification ambivalente : tantôt il est le lieu de la méditation et de la rencontre avec Dieu, tantôt il est le lieu du châtiment.

La Manne existe !
En voyageant au moyen Orient, quel fut notre surprise de voir, à l'étal d'un épicier, de la manne !
Il s'agir de gouttelettes de résine qui sortent d'un arbuste du désert et qui se solidifient à l'air. Nourrissantes et sucrées, ces petites boules sont "le pain" des voyageurs du désert.

  

8. LE VEAU D'OR

Moïse reste hors de la vue du peuple pendant longtemps. Celui-ci le croit disparu. Aaron façonne alors un veau d’or avec des bijoux collectés. Le peuple chante, danse et se réjouit en disant : voici le dieu qui nous a sortis d’Egypte ! A son retour, désespéré par ce spectacle, Moïse brise les tables de la loi. Une tuerie s’ensuit afin d’éliminer les idolâtres. Aaron, cependant, n'est pas inquiété. Puis Moïse retourne à la montagne, afin de s’entretenir encore avec Dieu.
L'épisode du veau d'or fait référence au culte du taureau, présent en Egypte (dieu Apis) mais aussi dans tout le moyen Orient, Israël inclus. L'idole, symbole de puissance et fécondité est ici appelée "veau" par dérision.

 

9. L'ALLIANCE

L'alliance est le fil conducteur de l'histoire entre Dieu et son peuple. Autrefois proposée aux patriarches avec la promesse d'une nombreuse descendance, elle est ici concrétisée par ce peuple à qui le Seigneur propose sa loi par l'intermédiaire de Moïse. Le peuple accepte cette alliance et promet d'accomplir la loi. L'avenir montrera sa faiblesse, car il ne résiste pas à l'attrait des idoles et cultes des autres peuples.


10. 40 ANS D'ERRANCE

La marche des Israélites prend la direction du nord pour atteindre la Terre Promise. Le peuple arrive à Quadesh-Barnéa, à la frontière de Canaan et envoie douze espions (Nombres 13), un de chaque tribu d’Israël, pour qu’ils fassent un rapport sur le pays et ses habitants. Quant ils reviennent, ils portent des fruits de la terre, dont une grappe de raisin tellement grande qu’il faut deux hommes pour la porter ! Mais leur rapport est alarmant : certes, les terres sont fertiles, mais les guerriers sont féroces et gigantesques, et les villes puissamment fortifiées. En entendant les espions, le peuple se révolte contre Moïse et Aaron, au point de vouloir les lapider. La colère de Dieu s’enflamme alors contre eux, à cause de leur incrédulité. Il dit à Moïse : laisse-moi détruire ce peuple, et je ferai de toi une nation plus grande et plus puissante. Moïse intercède : le peuple ne sera pas anéanti mais il errera quarante ans dans le désert, afin que les incrédules meurent et que leurs enfants puissent voir l’accomplissement de la promesse.


11. CRITIQUE HISTORIQUE DE L'EXODE

Les allusions à l'Exode contenues dans les livres des premiers prophètes écrivains du VIIIème siècle (Osée 8,13 ; 9,3 ; Esaïe 10,26) se réfèrent à une tradition sans doute ancienne. Une ou plusieurs tribus auraient séjourné en Egypte…
Cependant, il est extrêmement difficile de dater l'Exode d'après la chronologie biblique, car celle-ci est contradictoire d'un passage à l'autre.
L'usage est de le dater de l'époque de Ramsès II (1304 à 1236) ou de son fils Méneptah (1238-1209), en se basant sur la construction de la ville pi-Ramsès mentionnée dans le texte biblique (la ville de Pitom paraît être plus tardive). Cette chronologie est suivie par Cecil B. de Mille dans son célèbre film de Les dis commandements (1956).
Cependant, de nombreux détails empêchent les historiens de considérer le récit de l'Exode comme un récit historique. En voici quelques-uns :

  • Peuples et lieux :
    Certains passages de l'exode sont très circonstanciés. Le rédacteur y décrit des peuples que les israélites ont rencontrés et des lieux où ils ont séjourné. Ces données ne correspondent pas au Moyen-Orient du XIIIème siècle, mais plutôt aux VIIIème ou VIIème siècles, époque à laquelle le peuple d'Israël vivait en Canaan depuis bien longtemps.
  • Absence de sources historiques et archéologiques :
    Il n'y a aucune source historique corroborant l'Exode.
    Par contre, des sources égyptiennes (mais aussi sumériennes, égyptiennes, akkadiennes, hittites, mitannites, et ougaritiques, datant environ de -2000 à -1200) signalent les intrusions périodiques de Apirou dans le nord-est de l'Égypte et dans le Delta. Ce terme ne désigne pas une race ou une nationalité, mais plutôt un mode de vie de peuples marginaux de plusieurs provenances, vivant d'élevage et de rapines et régulièrement expulsés par les autorités.
  • Nombre des israélites
    L'Exode est clair là-dessus : 600 000 hommes ont quitté l'Egypte, sans compter les femmes et les enfants. Ils étaient accompagnés d'un grand nombre de têtes de bétail et lourdement chargés de bagages.
    Si on multiplie le nombre d'hommes par 4 (femmes et enfants), on obtient 2I400I000. Or, ce chiffre correspond à la population Egyptienne de l'Epoque. On ne peut pas concevoir qu'un pays se soit vidé d'une façon pareille en une nuit. Si on tient compte de la gravité des plaies (§ 5), l'Egypte aurait été non seulement vide, mais en plus réduite à un paysage lunaire…
    D'autre part, un campement dans le désert de cette taille aurait forcément laissé des vestiges archéologiques. Or il n'en est rien.
  • Contexte politique
    La rédaction biblique de la période deutéronomiste (VIIème siècle) se situait dans un contexte d'opposition à l'Egypte (nous le verrons lors de l'histoire de la royauté de Juda). Il convenait donc d'amoindrir la renommée et la puissance de cette contrée.
    Lors de la rédaction définitive du texte, pendant l'Exil, les prêtres encourageaient les israélites à retourner en Juda, délaissant là les commodités et les richesses de la perse, que le lecteur identifiait facilement à l'Egypte du texte.


12. DIEU S'OCCUPE DE SON PEUPLE

Le livre de l'Exode ne relate pas des faits historiques. Son but est d'affirmer que Dieu est celui qui délivre son peuple et le conduit sain et sauf à la terre promise. Ce Dieu se manifeste dans le buisson ardent, dans la nuée, dans la colonne de feu et sur le Mont Sinaï, par le don de la loi.
Un des passages les plus difficiles du livre de l'Exode est "Dieu endurcit le cœur de Pharaon", mentionné suite à chaque plaie.
Or, comment Dieu peut-il en même temps désirer la délivrance de son peuple et endurcir le cœur du Pharaon pour qu'il ne le permette pas ?
Ceci est dit pour ne laisser aucun mérite, aucune part de la délivrance au Pharaon, dieu vivant pour les Egyptiens.
Car c'est Dieu qui délivre son peuple, complètement et parfaitement, avec une grande puissance et de merveilleux prodiges.
Dans toute la Bible Dieu restera "celui qui a sorti son peuple de la servitude".