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- Écrit par Lidia Carayon
Les pratiques religieuses en Israël : lois, fêtes et sacrifices
Parallèlement à l'épopée du peuple d'Israël entre l'Egypte et la terre promise, nous trouvons, dans les 5 premiers livres de la Bible (Pentateuque) un grand nombre de textes décrivant les lois, les fêtes et les sacrifices qui constituent la pratique religieuse d'Israël. Ces textes contiennent des descriptions et des répétitions qui les rendent souvent fastidieux à lire. Nous essayerons de les aborder de façon vivante pour les chrétiens du 21ème siècle que nous sommes.
Nous survolerons ainsi la fin de l'Exode (ch. 20 à 40), le Lévitique, quelques passages des Nombres et le Deutéronome.
1. LA RELIGION DANS LA BIBLE
Les peuples de l’Ancien Testament, à l'instar des autres peuples antiques, n’avaient pas de concept de religion. A la question : "quelle est votre religion ?" Ils n’auraient su quoi répondre, car leur foi et leurs rites n’étaient pas séparés du reste de leur vécu. Pour eux, tout était "religion".
Essayons maintenant de donner une définition du mot religion :
La religion est un ensemble solidaire de croyances, de mythes et de pratiques qui s’appellent des rites, qui s’appuie sur un événement fondateur, qui organise l’expérience du sacré et qui rassemble une communauté en la fondant sur l’au-delà d’elle-même.
Cette définition nous amène à admettre que dans la Bible nous trouvons la description de plusieurs religions, toutes présentées comme vraies car venant de Dieu, mais avec de grandes différences.
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La religion des Patriarches : ils communiquaient avec Dieu sans intermédiaire. Leurs pratiques étaient très simples (sacrifices et prières) et leur événement fondateur était l’Alliance d’Abraham.
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La religion d’Israël ou Yahvisme : Son événement fondateur est le don de la loi à Moïse. Les différentes tribus l'adoptent lors de la rencontre de Sichem (Josué 24). Un ou plusieurs tabernacles, desservis par des lévites, permettent la pratique du culte. Un ensemble de lois et coutumes est théoriquement respecté par tous. Une analyse critique des textes nous montre cependant que cette religion n'était pas pratiquée avant la monarchie tardive. Les rois font ainsi remonter les pratiques qu'ils prescrivent à leurs sujets à l'époque de Moïse, afin de leur donner autorité et prestige. Nous disposons cependant d'une "photographie" de la religion de l'ancien Israël dans le livre des Juges, qui est un recueil de sources très anciennes.
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Le Judaïsme : apparaît à la fin de l’Ancien Testament. C'est la religion des contemporains de Jésus. S’il partage l’événement fondateur avec la religion d’Israël, les croyances et les pratiques en diffèrent tellement que nous la considérons comme une religion différente.
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Le Christianisme primitif : son événement fondateur est la résurrection du Christ. Ses croyances et ses pratiques différent de celles du judaïsme.
Cette évolution de la pensée au long des écrits bibliques nous montre que Dieu choisit de se révéler en "faisant un bout de chemin avec nous". Mais toutes ces religions ont un point commun, que nous trouvons aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau car Jésus l'a repris : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée, et tu aimeras ton prochain comme toi-même.
2. LES TROIS INSTITUTIONS D'ISRAEL
Dans les passages bibliques qui font l'objet de cette étude, les lois, les prêtres et les cérémonies occupent la plus grande place. Cependant, la loi / prêtrise n'est pas la seule institution d'Israël. Dans Jérémie 18,18 sont mentionnées les trois grandes lignes de pensée et d'action de ce peuple : La loi ne fera pas défaut au prêtre, ni le conseil au sage, ni la parole au prophète.
Les trois brins qui tissent la révélation biblique sont ceux-là : la loi, la sagesse et la prophétie. La classification des livres de la Bible suit ces institutions : Torah (livres de la loi), prophètes et "autres écrits". Aujourd'hui nous traiterons de la loi et de ses pratiques, cependant nous garderons à l'esprit que cette loi n'est pas indépendante ni des prophètes ni des sages et, au contraire, ceux-ci s'appuient sur elle.
3. LA CONFESSION DE FOI, LA REGLE D'OR ET LE DECALOGUE
La somme des lois, fêtes et prescriptions pourrait être considérée comme le vaste écrin d'un joyau éternel, synthèse et quintessence de toute la loi. Des textes qui n'appartiennent plus à Israël mais qui sont le trésor et la source d'inspiration de toute l'humanité.
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La confession de foi se trouve en Deutéronome 6,4 : (Sh'ma Israël Adonaï élohenou, Adonaï éhad) Ecoute, Israël ! Le SEIGNEUR, notre Dieu, le SEIGNEUR est un.
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La règle d'or se trouve en Lévitique 19,18 : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Le décalogue se trouve en Exode 20,2-17. C'est un des textes le plus connus de la Bible.
Notez que le Dieu d'Israël n'est pas simplement un Dieu que l'on sert ou que l'on craint, c'est un Dieu qu'on aime et qui prend soin de sa créature. La grande originalité du décalogue, par rapport à d'autres lois, est l'institution du chabbat, le jour de repos.
4. LE SANCTUAIRE ET LES PRETRES
Le sanctuaire
Une grande partie du pentateuque est dédiée à la construction du sanctuaire et aux pratiques des prêtres qui le desservaient. La description du sanctuaire se trouve en Exode ch. 25 et suivants.
Le sanctuaire était un temple portatif, exécuté en divers tissus sur une armature de bois. Sa construction était soignée et ses cloisons et ses meubles étaient couverts d'or.
Il était constitué :
- d'un vaste parvis accessible aux gens du peuple. On y trouvait l'autel des sacrifices et la cuve pour les ablutions des prêtres.
- de la tente proprement dite, divisée en deux par un voile. La première partie était accessible aux prêtres. C'était le lieu saint. Il était meublé d'un chandelier, d'une table garnie de pains et d'un autel destiné à brûler des parfums. Derrière le voile se trouvait le lieu très saint où était placé l'objet le plus précieux pour les Israélites : l'arche de l'alliance, surmontée de deux chérubins et contenant les tables de la loi, le bâton d'Aaron et un bol de manne. Ce lieu très saint n'était accessible qu'au grand-prêtre le jour du Grand Pardon.
Notez que nous trouvons dans l'agencement du sanctuaire une symbolique de la vie chrétienne : l'autel des sacrifices, la cuve des ablutions, le pain, la lumière, la fumée parfumée et la loi représentent pour les chrétiens respectivement l'annonce de la grâce, le baptême (ou le pardon), l'eucharistie, la parole de Dieu, la prière et la volonté de Dieu. Ce sont là les éléments de notre culte !
Les prêtres
Les prêtres, tous de la tribu de Lévi, enseignaient le peuple, dirigeaient le culte et célébraient les sacrifices. Un souverain sacrificateur les dirigeait. Il portait un pectoral garni de 12 pierres précieuses symbolisant les 12 tribus. Deux autres pierres, le Urim et le Thummim, servaient aux oracles. Les prêtres étaient astreints à des exigences religieuses plus complexes que celles du peuple. Ils ne possédaient pas de terres à cultiver : ils vivaient des offrandes.
5. LES TROIS CLES POUR COMPRENDRE LES PRATIQUES
La logique sacrificielle
Le mot sacrifice n'avait la même signification qu'aujourd'hui. Pour nous, c'est un douloureux renoncement. Pour les peuples antiques, c'était un don. C'est ainsi que la pratique religieuse a commencé : je donne une offrande à la force naturelle / divinité et en échange je reçois protection et / ou bénédiction. Le sacrifice – don était donc la pratique religieuse par excellence dans toute l'antiquité, non seulement pour Israël, mais aussi pour tous les autres peuples. Plus tard, ils seront mis en cause par les prophètes, mais à l'époque de l'Exode leur prestige n'était pas discuté. Même dans le Nouveau Testament la logique sacrificielle perdure : Presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon Hébreux 9,22. Il est donc tout naturel que la jeune Eglise chrétienne considère l'eucharistie comme un sacrifice (ce qui est encore le cas dans l'Eglise catholique).
On offre en sacrifice des aliments : de la viande, de la farine, de l'huile, des gâteaux, des épis, du vin. Car le sacrifice sert d'abord à nourrir la divinité. La notion d'expiation viendra dans la foulée.
Trois sortes de sacrifices existent, principalement, à l'aube de la nation israélite :
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Les sacrifices humains : interdits plus tard, ils étaient pratiqués à l'époque des Juges, et même dans la monarchie. L'histoire d'Abraham est là pour signifier leur exclusion du culte : les Israélites doivent offrir des animaux à la place des êtres humains.
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Les sacrifices d'actions de grâces ou de communion : le sang et la graisse (considérée comme un mets de choix) étaient offerts sur l'autel ; une partie de la viande était donnée aux prêtres ; le reste était partagé entre les convives : celui qui offrait le sacrifice et sa famille ou ses amis. On l'appelait aussi sacrifice de communion.
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Les holocaustes ou sacrifices expiatoires : dans ce cas, la victime était entièrement brûlée sur l'autel.
Bien entendu, la pratique sacrificielle était extrêmement codifiée : de nombreux textes sont dédiés à la préparation des prêtres et au protocole du sacrifice.
La mise à part (sainteté)
"Soyez saints car je suis saint", dit le Seigneur (Lévitique 19,2) Là aussi le concept antique diffère du nôtre. Pour nous, un saint est un être d'une moralité et d'une spiritualité exceptionnelles. Il n'en était pas ainsi pour Israël. Pour eux, être saint, ou pur, signifiait être mis à part, être autre, être sans mélange. Ce sont là les attributs de Dieu. Le Dieu des Israélites est "tout autre". A l'inverse des dieux païens, il ne ressemble ni aux hommes ni aux animaux. Le peuple aussi doit être saint, c’est à dire, mis à part, différent des autres nations.
L'Israélite se purifiait afin de s'approcher de Dieu. Cela ne voulait pas forcément dire qu'une faute avait été commise, mais qu'il fallait passer des choses profanes : travail, nourriture, sexualité, aux choses saintes, celles qui avaient trait à Dieu : prières, louanges, sacrifices. Ce passage d'un état "profane" à un état "saint" était la démonstration de l'engagement d'Israël au service de Dieu. Beaucoup de mélanges étaient proscrits : les mariages avec les païens, les tissus mélangés (laine et lin), les champs ensemencés avec plusieurs sortes de graines… Les choses "impures" devaient être évitées par l'Israélite. Si cela n'était pas possible, il devait se purifier. Cela consistait généralement en ablutions, mais l'impureté durait jusqu'au soir. Les choses impures étaient par exemple les cadavres d'humains et de bêtes morts accidentellement ou de mort naturelle, les secrétions sexuelles et les excréments. Les règles et les accouchements des femmes donnaient lieu à des purifications très codifiées.
En ce qui concerne l'alimentation, les animaux étaient strictement classés en purs en impurs. Seuls les animaux familiers tels que le bœuf, le mouton et la chèvre, ainsi que les animaux sauvages avec les mêmes caractéristiques (sabot fendu et rumination) étaient consommables. Seuls les poissons "classiques", dotés d'écailles et de nageoires, étaient admis. Pour les oiseaux, il y avait une liste. Les sauterelles étaient autorisées. Les boissons alcooliques étaient interdites aux prêtres et aux hommes consacrés à Dieu. Lire Lévitique 11 pour approfondir la question.
Le respect de la vie
Parmi les devoirs des Israélites il y avait celui du respect de la vie. Il était interdit de tuer ses semblables, bien sûr. Tuer un animal impliquait de le saigner rapidement et complètement. On abrégeait ainsi sa souffrance. Toute consommation de sang était interdite "car la vie d'une créature est dans le sang" (Lévitique 17,14). Il était interdit de manger un animal ou une partie d'un animal vivant, de cuire un animal dans le lait, de déranger une mère animal avec une portée.
6. LES LOIS CIVILES
Outre le décalogue et les lois "de sainteté", le pentateuque contient ce que nous appellerions le "code civil" des israélites. Ces lois étaient destinées à régler la société et à punir les contrevenants. Elles n'étaient pas très différentes des lois des autres nations de l'époque. Comme tout être humain, l’Israélite se devait d'être honnête, de respecter la parole donnée et la vie et les biens d’autrui...
Les lois civiles concernaient :
- La punition des agressions et blessures involontaires, des vols et dégradations.
- Le mariage et la famille, avec l'interdiction de l'inceste, des conduites immorales, le règlement des héritages…
- La protection des veuves, des orphelins, des pauvres, des étrangers et des esclaves.
- Les peines étaient l'amende, le retranchement du peuple (le condamné ne faisait plus partie du peuple d'Israël), la peine de mort par lapidation ou pendaison au bois et la mutilation de la main.
- Plus tard, au temps de la monarchie, des villes-refuge seront désignées où les meurtriers involontaires pourront échapper à la vengeance.
7. LES FETES RELIGIEUSES
Le chapitre 23 du Lévitique est un récapitulatif des fêtes ordonnées par l'Eternel.

Les trois pèlerinages (Shalosh Regalim)
Tu me fêteras chaque année par trois pèlerinages (Exode 23:14) dit l'Eternel à son peuple. La suite de ce texte est obscure, mais nous nous baserons sur la pratique juive pour les comprendre. Cela peut nous aider dans la compréhension de certains textes des évangiles, car Jésus et les apôtres se rendaient à Jérusalem pour ces fêtes.
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La Pâque, (Pessah) ou fête des pains sans levain
C'est la première fête que l'Eternel ordonne à son peuple de célébrer. (Exode 12). D'abord fête agricole de l'agnelage et de la germination du blé, elle célèbre la délivrance d'Egypte et le passage de la Mer Rouge, comme nous l'avons vu lors de la séance "Exode". L'Israélite se débarrassait du "vieux levain" et préparait le repas pascal composé d'agneau rôti, de pains azymes et de végétaux amers. La Pâque commence le 14 nisan (mois du calendrier juif qui correspond, selon les années, à la fin du mois de mars ou au mois d'avril dans le calendrier grégorien) et dure sept jours. Elle inaugure en outre le décompte des semaines au terme duquel est célébrée la fête de Pentecôte (Chavouot). -
La Pentecôte, (Chavouot), fête des prémices ou fête des moissons
Entre la Pâque et la Pentecôte il y a 7 semaines ou 49 jours. Cette période est appelée dans le judaïsme la période des semaines ou de l’omer. Pendant ces sept semaines l'Israélite compte les jours, puis, à partir de sept jours, il compte les semaines, en faisant une prière chaque soir. La Pentecôte (Nombre 23,16) est fêtée le 6ème jour du mois juif de sivan (qui correspond, selon les années, aux mois de mai ou juin dans le calendrier grégorien), et dure deux jours. Elle célèbre, outre son côté agricole (premières gerbes), le don de la loi au Sinaï. -
Fête des tentes (Souccot), des tabernacles ou des récoltes
Au cours de cette fête on célèbre dans la joie l'assistance divine reçue par les enfants d'Israël lors de l'Exode et la fin du cycle agricole annuel. Elle est fêtée à partir du 15 tishrei (qui correspond, selon les années, aux mois de septembre ou octobre dans le calendrier grégorien) et dure sept jours. C'est l'époque des récoltes des fruits d'été et l'Israélite remercie ainsi le Seigneur pour ses bénédictions. Les tentes lui rappellent le nomadisme dans le désert et la façon dont le Seigneur s'y occupait de son peuple.
Deux rites sont prescrits : habiter sous des tentes (cabanes ou paillotes) pendant 7 jours et balancer un bouquet de végétaux le 1er jour. (Lévitique 23, 40-43). C'est l'occasion de réjouissances en famille, particulièrement avec les enfants, enchantés de fabriquer une cabane et d'y habiter pendant quelques jours.
Les observances
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Le Chabbat
Le chabbat ou shabbat est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine. Il est observé, du vendredi avant le coucher du soleil au samedi après la sortie des étoiles.
Yom chabbat ne signifie pas "le septième jour", qui se dit yom hachevii mais "le jour d'abstention", même s'il tombe le septième jour de chaque semaine. Ceci répond par ailleurs à la question théologique : pourquoi Dieu, pourtant considéré comme omnipotent, se serait-il reposé ? Pour l'Israélite, l'abstention des activités quotidiennes humaines est pour l'homme l'occasion de se reposer, et de régénérer son âme. Pendant ce jour consacré, toute activité cesse : travail, transport, et même allumage des feux… Les contrevenants sont sévèrement punis. Le fait de mettre à part un jour dans la semaine pour méditer et réfléchir a sans doute fait du peuple d'Israël un peuple à part, capable de rédiger un ouvrage qui traverse l'esace et le temps, tel que la Bible. "Le chabbat est le principe fondamental du judaïsme. Observer le chabbat, cesser tout travail à l’approche de la nuit de vendredi soir, c’est faire publiquement la profession de foi que Dieu a créé l’Univers en partant de rien, que Son Esprit domine la matière, qu’Il Est le Maître de notre force de travail, de notre vie". (Grand Rabbin Ernest Weill) -
Les nouvelles lunes (Rosh Hodesh) ou néoménies
En Hébreu : "Tête (c'est-à-dire commencement) du mois". C'est donc le premier jour de chaque mois (lunaire) que comporte le calendrier hébraïque. Ce rite n'est pas caractéristique du peuple d'Israël. Beaucoup de peuples de l'antiquité le pratiquaient. Ce n'est pas un jour chômé, mais simplement célébré par une prière. L'ordonnance se trouve en Exode 12:1-2 mais son interprétation reste obscure :"Et le Seigneur parla à Moïse et Aaron en terre d'Egypte, en ces termes : "Ce mois sera pour vous le commencement des mois, il sera pour vous le premier mois de l'année".
Les jours redoutables (Yamim Noraïm)
Ce ne sont pas des fêtes à proprement parler, mais des périodes dédiées au jeûne et au repentir.
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Le jour des trompettes (Yom Teroua) ou jour de la sonnerie ou jour du nouvel an
Son ordonnance se trouve en Lévitique 23,23 comme jour chômé " de souvenir et d'acclamation". Le rite principal de cette fête solennelle est la sonnerie du chofar, corne de bélier dans laquelle on souffle sur différents rythmes pour inviter l’assemblée au repentir et à l’introspection. Par la suite il a marqué le début de la période de 10 jours de pénitence jusqu'au Grand Pardon. -
Le Jour du Grand Pardon (Yom Kippour) ou jour des propitiations
Observé le dixième jour du mois de tishrei, (septembre/octobre dans le calendrier grégorien) par un chômage et un jeûne complets, le Grand pardon est institué dans le chapitre 16 du Lévitique, pour "faire sur le sanctuaire le rite d'absolution des impuretés des fils d'Israël et de leur révoltes, c'est-à-dire de tous leur péchés" (Lévitique 16,16). Seul le souverain sacrificateur célébrait ce rite. Il commençait par une ablution purificatrice avant d'offrir un taureau en sacrifice pout ses péchés et ceux de sa famille. Ensuite il prenait deux boucs et tirait au sort : un bouc pour le Seigneur et un bouc pour Azazel (sorte de démon du désert). Le bouc pour le Seigneur était offert en sacrifice pour les péchés du peuple. Le souverain sacrificateur entrait ensuite dans le lieu très saint du sanctuaire, muni du sang du taureau et du bouc sacrifiés, et d'encens. Il aspergeait le couvercle de l'arche de l'alliance (propitiatoire) avec ce sang, afin de purifier le sanctuaire. Puis il imposait les mains sur le bouc pour Azazel et confessait sur lui toutes les fautes du peuple. Ce bouc était ensuite chassé dans le désert pour y périr. (D'où l'expression "bouc émissaire").
8. LE DEUTERONOME ET HISTOIRE DEUTERONOMISTE
Considéré comme le 5ème livre du Pentateuque, il est, dans sa structure, différent des 4 livres qui le précèdent.
En effet, Genèse, Exode, Lévitique et Nombres sont des livres rassemblés et composés pendant ou après l'exil à partir de matériaux anciens. C'est pour cette raison que nous avons du mal à suivre le fil de la narration.
Le Deutéronome, au contraire, présente une structure homogène et un style particulier.
Pour connaître le "secret" du Deutéronome il faut se référer au livre des Rois, et plus particulièrement à l'histoire de Josias de Juda, qui "découvre" la loi en réformant le culte et le temple (2 Rois ch 22 et 23). Cette "découverte" cache la rédaction du livre, censé avoir été écrit au temps de Moïse afin de lui donner plus d'autorité et de prestige. On le sait, car sa structure littéraire est caractéristique de l'époque assyrienne, et dévoile la préoccupation du roi Josias : se débarrasser des grandes puissances de l'époque, Assyrie et Egypte, afin de constituer un grand état centralisé au Moyen-Orient. L'appui d'un clergé puissant et bien structuré et l'attrait d'un sanctuaire prestigieux étaient essentiels à son dessein.
Dans le chapitre 12 nous remarquons l'institution d'un sanctuaire unique, justifiant l'obligation, au temps de Josias, de célébrer les rites seulement à Jérusalem (le roi pouvait ainsi contrôler les prêtres et le peuple).
Mais nous ne trouvons pas dans le Deutéronome que la propagande de Josias. Nous y décelons l'influence des prophètes premiers, Amos, avec son sens de la justice sociale, et Osée, avec son thème "Je t'ai conduite dans le désert et je t'ai aimée", se référant à Israël comme à une jeune épouse.
Le Deutéronome est le premier livre de l'histoire DEUTERONOMISTE, des VIII et VII siècles, qui se continue par les livres de Josué et Samuel.
Tenant compte de l'opinion des historiens, les premiers livre de l'Ancien Testament devraient se diviser en un "tetrateuque" : Genèse, Exode, Lévitique et Nombres, suivi d'un "triteuque" : Deutéronome, Josué et Samuel, qui en constituent la suite.
Le livre des Juges est un livre à part, que nous étudierons en temps voulu.

