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VAINCRE NOS PEURS

Luc 2, 41 à 52 − 1 Sam 1, 20 à 28 1 Jean 3, 1. 2, 21 à 24

Luc est le seul évangéliste à rapporter cet épisode de la vie de Jésus. Et de toute la jeunesse de Jésus, c'est le seul témoignage que nous ayons.

Quel est le sens de ce récit ? Pourquoi Luc raconte-t-il cette visite de Joseph, Marie et Jésus à Jérusalem ?

Est-ce pour montrer la fidélité de Joseph et Marie au temple ? Le verset 41 révèle, en effet, que Joseph et Marie allaient chaque année à Jérusalem pour la Pâque.

Est-ce pour faire un parallèle entre l'expérience de Jésus à 12 ans et la cérémonie de la Bar-Mitsva qui scelle l'instruction religieuse de tout garçon juif à cet âge ? C'est le jour anniversaire de ses 13 ans, que le garçon juif devient Bar-Mitsva, c'est-à-dire Fils de l'ordre, capable de réaliser les mitsvot, les ordres de la Thora. Par la cérémonie, le Bar-Mitsva quitte le stade de l'enfant et devient adulte : homme de la Thora. Nous verrons que ce texte a quelque chose à voir avec le passage de l'enfance à l'âge adulte.

Luc rapporte-t-il ce récit pour montrer qu'à 12 ans (déjà !) Jésus a conscience de sa mission ? Il répond, en effet, à Marie : Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon père.

Est-ce un récit qui annonce et préfigure la passion et la résurrection ? Parce que c'est à la Pâque que cela se passe, et Joseph et Marie mettent 3 jours à retrouver Jésus.

Toutes ces raisons sont vraies et justifient la rédaction de ce récit, mais quelques détails permettent encore une autre lecture du texte.

Ce récit parle de Jésus, et Jésus est présenté comme un enfant plein de vie.

Il échappe à la vigilance de ses parents, pendant la fête à Jérusalem. On peut l'imaginer courant partout avec des petits camarades ; il y a tant de choses à voir à Jérusalem.

C'est sans doute parce que Jésus est un tel enfant plein d'entrain que Joseph et Marie ne s'inquiètent pas outre mesure. Mais cette vivacité n'empêche pas Jésus de se calmer quand il le faut, et d'être même concentré longtemps pour discuter avec les docteurs dans le temple.

Jésus semble être un enfant sain et équilibré.

L'éducation qu'il a reçue a particulièrement réussi :

  • Jésus connaît les Ecritures, sa connaissance étonne même les docteurs. Il sait poser les bonnes questions et donner les bonnes réponses.
  • Lorsqu'on le perd, c'est au temple qu'on le trouve, comme si, après avoir parcouru Jérusalem, c'était cet endroit qu'il préférait. Même pour Joseph et Marie, sa présence au temple ne semble pas évidente, puisque c'est après 3 jours de recherche qu'ils le trouvent là. Ils n'ont donc pas commencé leurs recherches par le temple.

J'aimerais que mon catéchisme donne d'aussi bons résultats que celui qu'a reçu Jésus, et que les jeunes de nos Eglises aiment se retrouver au temple. Mais ce texte nous dit aussi que tout le monde n'est pas Jésus. Et puis ce récit présente encore d'autres différences entre cette famille et nous.

Joseph, Marie et nous.

Joseph et Marie perdent Jésus dans la foule. Cela peut arriver à tout le monde, mais à la place de Joseph et de Marie nous aurions tout laissé tomber pour nous mettre tout de suite à la recherche de notre enfant. Or, Joseph et Marie, eux, ne s'inquiètent de cette disparition qu'à la tombée du jour. Qui plus est, ils quittent même Jérusalem pour se mettre en route vers Nazareth sans Jésus, pensant qu'il était avec leurs compagnons de voyage.

Ne trouvant pas Jésus parmi leurs compagnons de route, Joseph et Marie sont, bien sûr angoissés, mais ce qui nous étonne c'est ce délai d'une journée pendant lequel Joseph et Marie ne cherchent pas Jésus. Cela nous semble irréel. Visiblement, nous ne fonctionnons pas de la même façon. Nous n'avons pas les mêmes valeurs.

Nous, nous privilégions l'intégrité physique ; nos réflexes sont liés à l'instinct de survie. Tout le monde agit plus ou moins ainsi. Les histoires de pédophilies et d'enlèvements d'enfants rapportées par les médias confortent nos réflexes. Mais la société de Jérusalem du temps de Jésus n'était pas plus sûre que la nôtre : le territoire était sous occupation romaine et les escarmouches étaient fréquentes. Quant aux pédophiles, il y en a toujours eu.

Joseph et Marie ne semblent pas obsédés par l'instinct de survie. Peut-être privilégient-ils la vie intérieure, sans, pour autant, être totalement détachés de la réalité, puisque, finalement, ils le cherchent leur fils.

Il est difficile d'insister sur une réelle différence entre Joseph, Marie et nous, dans ce domaine. Le texte ne donne pas suffisamment de détails, et il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Mais, face à ce récit, je me pose un certain nombre de questions :

- Pourquoi sommes-nous si sensibles à l'instinct de survie ?

- La vie biologique est-elle la valeur fondamentale ?

- La foi nous pousse-t-elle à accorder plus de valeur à la vie biologique, ou à la relativiser en développant la confiance ?

La confiance en Dieu. Dieu qui veille sur nous, quoi qu'il nous arrive. Non pour nous éviter problèmes et malheurs, mais pour nous garder en communion avec lui, en dépit des circonstances.

La confiance en Dieu, mais aussi la confiance en l'autre. Et, en l'occurrence, en celui dont nous nous sentons responsables. Vous avez, sans doute, en mémoire des cas de parents tellement craintifs à l'égard de tout ce qui pourrait agresser leurs enfants, qu'ils les étouffent et font d'eux des adultes constamment apeurés.

Si je me pose ces questions, c'est aussi en étant attentif à l'attitude de Jésus dans ce récit :

- Il passe 3 jours sans son père et sans sa mère, comme si c'était tout naturel. Il n'a pas pensé à l'angoisse de ses parents. Ce que ceux-ci lui reprochent d'ailleurs. Visiblement, pour lui, la sécurité n'est pas une valeur essentielle. Le témoignage qu'il est en train de donner auprès des docteurs est plus important que l'angoisse parentale.

- Quand Marie lui reproche son attitude, Jésus répond : Pourquoi me cherchiez-vous, ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon père ? Jésus a déjà fait son choix, sa mission prévaut sur sa vie biologique, il ira jusqu'au bout de son ministère, même si, pour cela, il doit donner sa vie. C'est une démarche de foi. Avons-nous la même foi ?

Joseph, Marie et l'éducation.

Joseph et Marie ont eu peur, et on comprend qu'ils fassent des reproches à Jésus. Mais, en fait, ils peuvent être fiers de lui, car voilà un garçon qui répond positivement à l'éducation qu'il a reçue et qui, comme toute éducation, a pour but de faire de lui un adulte. Jésus est, peut-être, un peu précoce, mais il sait déjà prendre des initiatives et sa vie en main. Il choisit son père, en l'occurrence Dieu. Le moment venu, il quittera sans crainte ses parents pour accomplir sa vie. Il a vaincu la peur fondamentale de toute espèce animale. Il a été parfaitement éduqué.

Qu'en est-il des jeunes d'aujourd'hui ?

Il y a, bien sûr, des jeunes tout à fait équilibrés. Mais ce ne sont pas ceux dont parlent les médias.

Comme l'ensemble de la société, les jeunes sont marqués par la peur. Une peur suscitée par :

- Les exigences professionnelles ou autres qui créent un devoir d'excellence pour réussir. La pression est telle, qu'avec les meilleurs diplômes personne ne se sent compétent. La concurrence et le risque du chômage accentue cette peur.

- Par tout ce que les médias rapportent concernant la difficulté à vivre. Et quand on embrasse le monde entier, la peur grandit.

- Par le nombre accru d'éléments à maîtriser pour réussir. La vie devient compliquée et demande des facultés d'adaptation énormes maintenant.

Cette peur génère deux types d'attitudes :

  1. La révolte contre la société actuelle et ses valeurs. Dans l'espoir de construire autre chose, peut-être, ou parce que la révolte donne le sentiment d'être vivant, fort, efficace. Mais il est bien rare que la révolte soit constructive.
  2. L'inertie. Et l'on voit de plus en plus de jeunes qui repoussent le moment de quitter les parents pour voler de leurs propres ailes. C'est devenu un phénomène de société, au point que des ouvrages, voire des films, traitent de ce problème.

Comment lutter contre la peur des jeunes ?

En rendant la société plus juste, plus sereine, moins compétitive. C'est tout un chantier, et pour cela il faut d'abord que les individus changent.

En dépassant notre propre peur. Ce qui nous conduira à tenir un autre discours :

  1. Oser développer la confiance.
  2. Savoir encourager, au lieu de relayer les peurs de tout le monde.

Mais si l'on ne veut pas que ce discours sonne creux, il faut qu'il corresponde à une dimension intérieure vraie en nous, à savoir :

  • La foi, la confiance en Dieu. Dieu qui en a vu d'autres et à qui rien n'échappe.
  • L'accompagnement de ceux qui ont peur. A l'image de Dieu qui nous accompagne en Jésus-Christ, jusqu'au bout de notre condition. Car c'est tellement facile de donner des conseils sans s'impliquer ; et puis on a tellement plus peur quand on est seul.

En un mot : l'amour du prochain, car il n'y a rien de tel que d'être aimé pour voir la vie autrement.

Jésus courait dans les rues de Jérusalem. En riant, sans doute, et en profitant de tout ce qu'il voyait. Puis il s'est assis à côté des docteurs, montrant, par ses questions et ses réponses, une assurance que beaucoup d'adultes n'ont pas.

Pourquoi Jésus était-il si équilibré, si libre ? Parce qu'il savait que son Père céleste l'aimait et l'accompagnait. Cela ne signifiait pas qu'il n'aurait pas de problèmes, mais que son destin était entre les mains d'un Dieu d'amour. Alors il pouvait oser, entreprendre, réaliser ; non dans la révolte, mais dans l'amour. Et il a transformé le monde.

VAINCRE NOS PEURS

Luc 2, 41 à 52  −  1 Sam 1, 20 à 28      1 Jean 3, 1. 2, 21 à 24

Luc est le seul évangéliste à rapporter cet épisode de la vie de Jésus. Et de toute la jeunesse de Jésus, c'est le seul témoignage que nous ayons.

Quel est le sens de ce récit ? Pourquoi Luc raconte-t-il cette visite de Joseph, Marie et Jésus à Jérusalem ?

Est-ce pour montrer la fidélité de Joseph et Marie au temple ? Le verset 41 révèle, en effet, que Joseph et Marie allaient chaque année à Jérusalem pour la Pâque.


Est-ce pour faire un parallèle entre l'expérience de Jésus à 12 ans et la cérémonie de la Bar-Mitsva qui scelle l'instruction religieuse de tout garçon juif à cet âge ? C'est le jour anniversaire de ses 13 ans, que le garçon juif devient Bar-Mitsva, c'est-à-dire Fils de l'ordre, capable de réaliser les mitsvot, les ordres de la Thora. Par la cérémonie, le Bar-Mitsva quitte le stade de l'enfant et devient adulte : homme de la Thora. Nous verrons que ce texte a quelque chose à voir avec le passage de l'enfance à l'âge adulte.

Luc rapporte-t-il ce récit pour montrer qu'à 12 ans (déjà !) Jésus a conscience de sa mission ? Il répond, en effet, à Marie : Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon père.

Est-ce un récit qui annonce et préfigure la passion et la résurrection ? Parce que c'est à la Pâque que cela se passe, et Joseph et Marie mettent 3 jours à retrouver Jésus.

Toutes ces raisons sont vraies et justifient la rédaction de ce récit, mais quelques détails permettent encore une autre lecture du texte.

Ce récit parle de Jésus, et Jésus est présenté comme un enfant plein de vie.

Il échappe à la vigilance de ses parents, pendant la fête à Jérusalem. On peut l'imaginer courant partout avec des petits camarades ; il y a tant de choses à voir à Jérusalem.

C'est sans doute parce que Jésus est un tel enfant plein d'entrain que Joseph et Marie ne s'inquiètent pas outre mesure. Mais cette vivacité n'empêche pas Jésus de se calmer quand il le faut, et d'être même concentré longtemps pour discuter avec les docteurs dans le temple.

Jésus semble être un enfant sain et équilibré.

L'éducation qu'il a reçue a particulièrement réussi :

  • Jésus connaît les Ecritures, sa connaissance étonne même les docteurs. Il sait poser les bonnes questions et donner les bonnes réponses.
  • Lorsqu'on le perd, c'est au temple qu'on le trouve, comme si, après avoir parcouru Jérusalem, c'était cet endroit qu'il préférait. Même pour Joseph et Marie, sa présence au temple ne semble pas évidente, puisque c'est après 3 jours de recherche qu'ils le trouvent là. Ils n'ont donc pas commencé leurs recherches par le temple.

J'aimerais que mon catéchisme donne d'aussi bons résultats que celui qu'a reçu Jésus, et que les jeunes de nos Eglises aiment se retrouver au temple. Mais ce texte nous dit aussi que tout le monde n'est pas Jésus. Et puis ce récit présente encore d'autres différences entre cette famille et nous.

Joseph, Marie et nous.

Joseph et Marie perdent Jésus dans la foule. Cela peut arriver à tout le monde, mais à la place de Joseph et de Marie nous aurions tout laissé tomber pour nous mettre tout de suite à la recherche de notre enfant. Or, Joseph et Marie, eux, ne s'inquiètent de cette disparition qu'à la tombée du jour. Qui plus est, ils quittent même Jérusalem pour se mettre en route vers Nazareth sans Jésus, pensant qu'il était avec leurs compagnons de voyage.

Ne trouvant pas Jésus parmi leurs compagnons de route, Joseph et Marie sont, bien sûr angoissés, mais ce qui nous étonne c'est ce délai d'une journée pendant lequel Joseph et Marie ne cherchent pas Jésus. Cela nous semble irréel. Visiblement, nous ne fonctionnons pas de la même façon. Nous n'avons pas les mêmes valeurs.

Nous, nous privilégions l'intégrité physique ; nos réflexes sont liés à l'instinct de survie. Tout le monde agit plus ou moins ainsi. Les histoires de pédophilies et d'enlèvements d'enfants rapportées par les médias confortent nos réflexes. Mais la société de Jérusalem du temps de Jésus n'était pas plus sûre que la nôtre : le territoire était sous occupation romaine et les escarmouches étaient fréquentes. Quant aux pédophiles, il y en a toujours eu.

Joseph et Marie ne semblent pas obsédés par l'instinct de survie. Peut-être privilégient-ils la vie intérieure, sans, pour autant, être totalement détachés de la réalité, puisque, finalement, ils le cherchent leur fils.

Il est difficile d'insister sur une réelle différence entre Joseph, Marie et nous, dans ce domaine. Le texte ne donne pas suffisamment de détails, et il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Mais, face à ce récit, je me pose un certain nombre de questions :

  -  Pourquoi  sommes-nous si sensibles à l'instinct de survie ?

  - La vie biologique est-elle la valeur fondamentale ?

  - La foi nous pousse-t-elle à accorder plus de valeur à la vie biologique, ou à la relativiser en développant la confiance ?

La confiance en Dieu. Dieu qui veille sur nous, quoi qu'il nous arrive. Non pour nous éviter problèmes et malheurs, mais pour nous garder en communion avec lui, en dépit des circonstances.

La confiance en Dieu, mais aussi la confiance en l'autre. Et, en l'occurrence, en celui dont nous nous sentons responsables. Vous avez, sans doute, en mémoire des cas de parents tellement craintifs à l'égard de tout ce qui pourrait agresser leurs enfants, qu'ils les étouffent et font d'eux des adultes constamment apeurés.

Si je me pose ces questions, c'est aussi en étant attentif à l'attitude de Jésus dans ce récit :

   - Il passe 3 jours sans son père et sans sa mère, comme si c'était tout naturel. Il n'a pas pensé à l'angoisse de ses parents. Ce que ceux-ci lui reprochent d'ailleurs. Visiblement, pour lui, la sécurité n'est pas une valeur essentielle. Le témoignage qu'il est en train de donner auprès des docteurs est plus important que l'angoisse parentale.

   - Quand Marie lui reproche son attitude, Jésus répond : Pourquoi me cherchiez-vous, ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon père ? Jésus a déjà fait son choix, sa mission prévaut sur sa vie biologique, il ira jusqu'au bout de son ministère, même si, pour cela, il doit donner sa vie. C'est une démarche de foi. Avons-nous la même foi ?

Joseph, Marie et l'éducation.

Joseph et Marie ont eu peur, et on comprend qu'ils fassent des reproches à Jésus. Mais, en fait, ils peuvent être fiers de lui, car voilà un garçon qui répond positivement à l'éducation qu'il a reçue et qui, comme toute éducation, a pour but de faire de lui un adulte. Jésus est, peut-être, un peu précoce, mais il sait déjà prendre des initiatives et sa vie en main. Il choisit son père, en l'occurrence Dieu. Le moment venu, il quittera sans crainte ses parents pour accomplir sa vie. Il a vaincu la peur fondamentale de toute espèce animale. Il a été parfaitement éduqué.

Qu'en est-il des jeunes d'aujourd'hui ?

Il y a, bien sûr, des jeunes tout à fait équilibrés. Mais ce ne sont pas ceux dont parlent les médias.

Comme l'ensemble de la société, les jeunes sont marqués par la peur. Une peur suscitée par :

    -  Les exigences professionnelles ou autres qui créent un devoir d'excellence pour réussir. La pression est telle, qu'avec les meilleurs diplômes personne ne se sent compétent. La concurrence et le risque du chômage accentue cette peur.

    -  Par tout ce que les médias rapportent concernant la difficulté à vivre. Et quand on embrasse le monde entier, la peur grandit.

   -  Par le nombre accru d'éléments à maîtriser pour réussir. La vie devient compliquée et demande des facultés d'adaptation énormes maintenant.

Cette peur génère deux types d'attitudes :

  1. La révolte contre la société actuelle et ses valeurs. Dans l'espoir de construire autre chose, peut-être, ou parce que la révolte donne le sentiment d'être vivant, fort, efficace. Mais il est bien rare que la révolte soit constructive.
  2. L'inertie. Et l'on voit de plus en plus de jeunes qui repoussent le moment de quitter les parents pour voler de leurs propres ailes. C'est devenu un phénomène de société, au point que des ouvrages, voire des films, traitent de ce problème.

Comment lutter contre la peur des jeunes ?

En rendant la société plus juste, plus sereine, moins compétitive. C'est tout un chantier, et pour cela il faut d'abord que les individus changent.        

En dépassant notre propre peur. Ce qui nous conduira à tenir un autre discours :

  1. Oser développer la confiance.
  2. Savoir encourager, au lieu de relayer les peurs de tout le monde.

Mais si l'on ne veut pas que ce discours sonne creux, il faut qu'il corresponde à une dimension intérieure vraie en nous, à savoir :

  • La foi, la confiance en Dieu. Dieu qui en a vu d'autres et à qui rien n'échappe.
  • L'accompagnement de ceux qui ont peur. A l'image de Dieu qui nous accompagne en Jésus-Christ, jusqu'au bout de notre condition. Car c'est tellement facile de donner des conseils sans s'impliquer ;  et puis on a tellement plus peur quand on est seul.

En un mot : l'amour du prochain, car il n'y a rien de tel que d'être aimé pour voir la vie autrement.

Jésus courait dans les rues de Jérusalem. En riant, sans doute, et en profitant de tout ce qu'il voyait. Puis il s'est assis à côté des docteurs, montrant, par ses questions et ses réponses, une assurance que beaucoup d'adultes n'ont pas.

Pourquoi Jésus était-il si équilibré, si libre ? Parce qu'il savait que son Père céleste l'aimait et l'accompagnait. Cela ne signifiait pas qu'il n'aurait pas de problèmes, mais que son destin était entre les mains d'un Dieu d'amour. Alors il pouvait oser, entreprendre, réaliser ; non dans la révolte, mais dans l'amour. Et il a transformé le monde.