• Imprimer

LA JUSTICE OU LA GRÂCE

Culte de la Réformation

Matthieu 20, 1-16 - Esaïe 55, 6-9 - Galates 3, 26-29

Je ne me lasse pas de lire et de relire cette parabole. Elle est tellement bouleversante, révolutionnaire. Elle nous fait sortir de nos schémas traditionnels, de nos idées toutes faites, de nos réflexes. Elle présente des références, des critères totalement différents de ceux que nous utilisons habituellement. En fait, elle nous secoue, or nous avons besoin d'être secoués.
En quoi cette parabole, dite des ouvriers de la 11ème heure, est-elle bouleversante ?


C'est une présentation du règne des cieux.

C'est l'expression utilisée par Matthieu, alors que Luc parle du règne de Dieu.
L'expression règne des cieux, chez Matthieu, ne signifie pas qu'il n'envisage qu'un règne céleste, mais, tout simplement, la culture juive de Matthieu le conduit à utiliser le moins souvent possible le nom de Dieu ; contrairement à Luc qui est grec.
C'est pourquoi Matthieu préfère parler du règne des cieux, même si ce règne est, bien sûr, celui de Dieu, et que la présentation de ce règne vaut pour la terre autant que pour le ciel. Dans l'eschatologie juive, d'ailleurs, (l’eschatologie étant l’étude des fins dernières) c'est bien sur terre que s'établira le règne de Dieu.

Jésus commence son histoire en disant qu’elle est une illustration du règne.
Par cette parabole, on va donc connaître la façon dont les choses se passent dans le royaume de Dieu.
Conformément à la théologie juive, le règne de Dieu est semblable à celui des hommes : on y trouve des maîtres et des ouvriers, des maisons, des vignes, et donc du travail à faire. C’est l'état d'esprit qi est très différent. Il est rendu, entre autre, par un verbe de mouvement.

Dans l’histoire de Jésus, le règne de Dieu est un maître de maison.
On dirait maintenant un exploitant agricole ou un chef d'entreprise.
E ce maître de maison agit, il fait quelque chose, il sort pour chercher des ouvriers. Il sort 5 fois dans la journée ; c'est dire si l'action du maître est importante. En fait, rien ne se passerait si le maître ne sortait pas.
Or, ce n'est pas courant un chef d'entreprise qui cherche des ouvriers, même si cela existe, bien sûr. A l'heure actuelle, ce sont plutôt les ouvriers qui cherchent du travail. C'est, en tous cas, plutôt de cet aspect économique là dont les médias parlent. Il semble, en effet, plus facile de trouver un employé qu'un travail.
On est donc déjà, ici, dans un système, dans une structure différente de la nôtre. Une façon de penser où l'important n'est pas le travail, mais la personne qui travaille. En effet, c'est toujours ce qui est recherché qui est précieux. Or, dans cette histoire, ce qui est recherché, c'est l'individu.
Pourquoi le maître cherche-t-il des ouvriers ? Pour accomplir un travail, me direz-vous. Certes, mais le récit ne met pas l'accent sur cet aspect.
Jésus raconte l'histoire de telle façon qu'il met en exergue la bonté du maître. On peut dire que le maître cherche des ouvriers pour manifester sa bonté à leur égard. Et il le fait en donnant. Il donne le même salaire à chacun des ouvriers, indépendamment du travail fourni, puisque ceux qui ont travaillé une heure ont le même salaire que ceux qui ont travaillé 12 heures. Ce n'est pas le travail qui est valorisé, mais l'ouvrier. Celui-ci reçoit un pécule, non parce qu'il a travaillé, mais parce que c'est un être humain. C'est cela l'état d'esprit du royaume.

L'état d'esprit du règne de Dieu

Dans le royaume, le plus important est la personne humaine, même si elle n'est pas capable d'accomplir quoi que ce soit, même si elle n'est pas rentable (pour employer un terme à la mode actuellement !).
Est-ce juste ? Aux yeux des ouvriers de la parabole, non !
Et là nous entendons bien la différence par rapport au discours social actuel. En effet, contrairement à ce que nous disent les médias en ce moment, dans la parabole, les ouvriers sont réactionnaires et le patron est progressiste. C’est la vision du maître qui donne effectivement aux ouvriers leur dignité. Quant à eux, ils soutiennent que leur valeur vient de leur travail. Ce qui signifie que s'ils ne peuvent plus travailler, ils n'ont plus de valeur. Est-ce si éloigné du discours prolétaire de toujours ? On leur a tellement dit qu’ils n’avaient que leur travail à proposer, que pour eux (et pour tous les autres aussi finalement) le travail est l’élément le plus important des revendications ouvrières, au détriment de la dignité humaine.
C'est le drame des chômeurs qui, non seulement ont des difficultés économiques pour vivre, mais qui, en plus, se sentent inutiles, dévalorisés, n'ayant plus leur place dans la société.

Pour les ouvriers de la parabole, ce n'est pas juste de rémunérer de la même façon des gens qui ne fournissent pas le même travail. Et pourtant, le maître emploi le terme justice : il promet un juste salaire aux ouvriers embauchés à 9 heures, à midi et à 15 heures ; sans leur dire ce que sera ce juste salaire. Les ouvriers sont appelés à lui faire confiance.
Avec les ouvriers de la 1ère heure, il passe un contrat stipulant un salaire d'un denier (une pièce d’argent).
Quant aux ouvriers de la dernière heure, il ne leur promet rien du tout. Il leur dit simplement : allez travailler dans ma vigne !
Quelle est donc cette justice du maître ? C'est une justice qui laisse toute la place à la bonté, à l'amour.
Les ouvriers réclament justice, notamment ceux de la 1ère heure. Selon leur calcul (parce que celles et ceux qui pensent exclusivement en matière de justice sont de bons calculateurs), ayant vu que les ouvriers de la 11ème heure recevaient un denier, s’attendent à en recevoir 12. Or, ils n'en reçoivent qu'un, comme les autres.
Ce n'est pas juste ! Ce n'est pas moral !
Or, les ouvriers de la 1ère heure sont les seuls à avoir été traités avec justice. En effet, ce sont les seuls à avoir bénéficié d'un contrat ; et ce contrat a été parfaitement appliqué par le maître. Le contrat prévoyait un salaire d'un denier, et ils ont reçu un denier. Leur revendication est donc sans fondement. Et pourtant, ils se plaignent. Comme quoi, quand on n'a pour critère que la justice humaine, calculée, on n'est jamais content.

Où est le problème ? Le problème se situe dans la comparaison. Si cette histoire n'impliquait que des ouvriers de la 1ère heure, il n'y aurait pas de revendication.
Le débat porte sur l'égalité : à travail égal, salaire égal ! Dans une société de droit comme la nôtre, ce slogan est juste, et il va de soi que cette règle doit être respectée. Mais Jésus dépasse ce cadre. Il parle du règne de Dieu. Il propose une société qui va plus loin que l'égalité fondamentale.

Le règne de Dieu, c'est la grâce.
On n'y parle plus de justice comptable, mais de grâce : c'est-à-dire de bonté, d'amour, car la justice sèchement appliquée nuit à l'amour. Le maître de la parabole n'a pas pu manifester sa bonté envers les ouvriers de la 1ère heure, en leur donnant, par exemple, 1 denier par heure et non par jour. Il n’a pas pu le faire, parce qu'il avait conclu d'un denier par jour avec eux. Alors que ceux qui n'avaient pas de contrat, et qui, par là même, ne pouvaient compter que sur la bonté du maître, ont reçu, non la justice, mais la grâce. Et la grâce de Dieu va toujours au delà de la justice.

L'inconvénient de la grâce, et qui fait que certains se sentent plus à l'aise dans un système de droit, c'est que la grâce n'est pas égalitaire. Parce que l'amour (quoi qu'on dise) ne met pas tout le monde au même plan, même lorsqu'on aime son prochain comme soi-même. On a davantage de liens, d'affinités avec certaines personnes qu'avec d'autres, même Jésus a vécu cet aspect de la vie. Alors, ne vous sentez pas coupables de ne pas être amoureux de tout le monde.
Le fait que la grâce ne soit pas égalitaire ne la rend pas injuste. D'ailleurs, dans la parabole, si le maître ne manifeste pas sa grâce aux ouvriers de la 1ère heure, ce n'est pas parce qu'il ne les aime pas, c'est parce que, on l'a dit, la justice du contrat l'empêche de le faire. C'est pourquoi il vaut mieux compter sur l'amour de Dieu que sur sa justice.

La grâce de Dieu est pour tous. Il aime tous les êtres humains et veut que tous soient sauvés. Le voulons-nous, aussi ?
Lorsque nous piétinons dans une file d'attente, quel regard portons-nous sur les autres personnes de cette file d'attente ? Sur celles qui sont devant nous, et qui vont nous faire perdre du temps ? Sur celles qui sont derrière nous, et que l'on est très heureux d'avoir doublées ? Sur celles qui arrivent en dernier et qui doublent tout le monde ? N'oubliez pas la fin de la parabole : C'est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.

Sommes-nous capables de nous réjouir de ce que d'autres ont mieux réussi que nous ?
Sommes-nous heureux d'être moins récompensés que d'autres qui ont moins travaillé que nous ? Et qui n'ont pour eux-mêmes que leur dignité d'êtres humains ; quand on veut bien leur rendre cette dignité.
Adhérons-nous à une société où la valeur de l'individu ne dépend pas de ce qu'il produit, mais du fait qu'il est un être humain ?
Sommes-nous prêts à vivre la grâce, plus que la justice ? Car c'est cela, le règne de Dieu.

Le règne des cieux est semblable à un maître de maison.

Le règne de Dieu, c'est lui : le maître, le Christ ; ce n’est pas nous !
Lui seul aime parfaitement tout être humain. C'est pourquoi, devant Dieu nous sommes tous égaux ; non en vertu d'une décision de justice, mais en vertu de son amour.
Ce maître de maison sort. Il vient à notre rencontre pour nous donner son amour. C'est le fondement du règne de Dieu. Etre enfant de Dieu et sujet de ce règne consiste à sortir de nous-mêmes pour aimer les autres.


 

Culte de la Réformation du dimanche 1er novembre 2015

 

Proclamation de la grâce

La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur.

Si nous sommes rassemblés aujourd'hui en ce lieu, c'est parce que Dieu nous a aimés en premier et parce qu'il nous a parlé. Comme le dit l'auteur de l'épître aux Hébreux (1, 1), Dieu a parlé à nos pères par les prophètes, il s'est révélé par Jésus, puis nous pourrions ajouter qu'il a expliqué son œuvre par les apôtres et par les réformateurs.

C'est parce que Dieu nous aime qu'il a accompli notre salut par sa grâce.

Que ce culte de la réformation soit une louange commune à la gloire de Dieu.

 

Louange

Gloire à toi, Père, car tu ne fais pas reposer le poids de notre salut sur nos épaules. Ce serait une charge trop lourde qui nous écraserait en nous enlevant toute espérance, ou nous remplirait d’orgueil si l’on s’imaginait pouvoir y arriver.
Merci, Seigneur, de nous prendre en charge, de veiller sur nous, de nous accompagner chaque jour de nos vies et jusque dans la mort.

Louange à toi, car notre salut de dépend pas de nos capacités à accomplir ta volonté, mais de ton amour pour nous.

 

Prière de repentance

Père, pardonne-moi, parce que je veux ordonner les autres et le monde selon mes critères et mes valeurs.

Ce n‘est pas tant la soumission des autres que je souhaite que leur adhésion et leur soutien. J’aime que les autres partagent mes opinions et m’approuvent dans mes choix. Au lieu d’être rejeté(e), je deviens alors leur chef et cela me flatte.

Pardonne-moi, Père, parce que je revendique la liberté d’agir à ma guise et, pour ce faire, j’enferme les autres dans la prison de mes désirs.

Pardonne-moi, car je crois professer des valeurs personnelles alors, qu’en fait, je ne fais que relayer les idées à la mode et les comportements de la majorité.

Père, délivre-moi de ce besoin constant de reconnaissance en me donnant de croire que tu m’acceptes comme je suis ; et que ton regard d’amour me libère des rôles que je me donne pour plaire.

 

Annonce du pardon

Le Seigneur nous annonce son pardon et sa grâce par l’intermédiaire de l’apôtre Paul qui écrivait dans Romains 3, 21-24 : La justice de Dieu attestée par la loi et les prophètes s'est manifestée en dehors de la loi, justice de Dieu, par la foi de Jésus-Christ, pour tous ceux qui croient. Car il n'y a pas de distinction : tous, en effet, ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et c'est gratuitement qu'ils sont justifiés par sa grâce, au moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ.

Ce texte, qui est à la base de la réflexion de Martin Luther, et donc de la Réforme, déclare que tout être humain est pécheur, fondamentalement séparé de Dieu ; mais que, en vertu de son amour, Dieu nous voit justes alors que nous ne le sommes pas. C'est ce que Paul appelle la justification, en laquelle nous sommes invités à croire.

Oui, le Seigneur nous justifie, il nous fait grâce, il nous pardonne. Aussi je vous invite à vous lever pour le louer.

 

Volonté de Dieu

Voici l’expression de la volonté de Dieu, pour nous aujourd’hui, telle que nous la trouvons en Jean 6, 28-29 : Les gens dirent à Jésus : « Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu c’est de croire en celui qu’Il a envoyé. »

Ainsi lorsqu’on s’interroge sur ce que nous devons faire pour Dieu, Jésus répond en parlant de ce que Dieu fait pour nous.

L’œuvre de Dieu pour nous est plus importante et intéressante que notre œuvre pour lui.

Or ce que Dieu fait pour nous, c’est nous donner foi en lui.

 

Prière d'illumination

Lorsque nous lisons la Bible, Père, nous développons parfois de curieux réflexes : nous cherchons à maitriser, à assurer une « juste » compréhension qui remporterait l’adhésion de toute personne susceptible d’entendre notre témoignage.
Donne-nous, Père, de nous laisser conduire par ta parole et non de la contrôler.

Aide-nous à te laisser parler, à laisser croître en nous l’influence de ton Esprit.

 

Confession de foi

Je crois que Dieu m'a créé ainsi que toutes les autres créatures. Il m'a donné et me conserve mon corps avec ses membres, mon esprit avec ses facultés. Il me donne chaque jour libéralement la nourriture, le vêtement, la demeure et toutes les choses nécessaires à l'entretien de cette vie. Il me protège dans tous les dangers, me préserve et me délivre de tout mal ; tout cela sans que j'en sois digne, par sa pure bonté et sa miséricorde paternelle.

Je crois que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est mon Seigneur. Il m'a racheté, moi, perdu et condamné, en me délivrant du péché, de la mort et de la puissance du Malin par son sang, par ses souffrances et par sa mort innocente, afin que je lui appartienne pour toujours et que je vive d'une vie nouvelle comme lui-même, qui, ressuscité des morts, vit et règne éternellement.

Je crois que le Saint-Esprit m'appelle par l'Evangile, m'éclaire de ses dons et me sanctifie ; qu'il me maintient dans l'unité de la vraie foi, dans l'Eglise qu'il assemble de jour en jour. C'est lui aussi qui me remet pleinement mes péchés ainsi qu'à tous les croyants. C'est lui qui, au dernier jour, me ressuscitera avec tous les morts et me donnera la vie éternelle en Jésus-Christ.

Martin Luther

 

Sainte Cène

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, Seigneur notre Dieu, en ce temps où nous nous souvenons plus particulièrement de l'œuvre des Réformateurs.

Dans la fidélité à ta Parole, ils ont remis en évidence le sacrifice unique du Christ par lequel tu nous donnes la vie.

Par lui, tu pardonnes et tu sauves. Par ton Esprit, tu transformes et tu renouvelles ton Eglise.

C'est pourquoi, avec tous les croyants qui nous ont précédés, avec tous ceux qui, au cours des siècles, n'ont cessé de réformer et d'édifier ton Eglise, nous chantons avec joie l'hymne de ta gloire : Saint, saint, saint est le Seigneur !

Institution

Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain et après avoir rendu grâces, le rompit, le donna à ses disciples et leur dit : "Prenez et mangez, ceci est mon corps donné pour vous".

De même, après le souper, il prit la coupe et après avoir rendu grâces, il la donna à ses disciples et leur dit : "Buvez en tous, ceci est mon sang, le sang de l'alliance versé pour la multitude. En vérité, je vous le déclare : je ne boirai plus de ce fruit de la vigne
jusqu'au jour où je le boirai nouveau, avec vous, dans le Royaume de Dieu. Faites ceci en mémoire de moi !"

Anamnese, Epiclese, Doxologie

C’est en effet en mémoire de toi, Seigneur, que nous venons à ta table pour partager ton repas.

Notre mémoire est souvent encombrée de tout ce que nous réalisons nous-mêmes et qui pourrait prendre ta place dans nos vies.

Mais c’est de toi dont nous nous souvenons en cet instant, et c’est toi que nous adorons pour ton amour et le don de ta vie.

Envoie sur nous ton Esprit, Seigneur, afin que cet amour soit manifesté dans nos attitudes. Que ce pain et ce vin soient les signes de ta présence en nous. Que cette présence soit le moteur de nos existences comme la nourriture donne de l’énergie à nos corps.

Que toute la gloire te revienne, car c’est ta vie qui est répandue en nous. Cette vie que tu n’as pas gardée pour toi-même, mais que tu partages encore et toujours.

C’est unis en un seul corps, ton corps, que nous te disons, ensemble, la prière que tu nous as apprise : Notre Père …

Invitation

Que celui qui est venu dans la vigne du Seigneur dès la première heure ne se compare pas aux autres, mais se réjouisse de recevoir ce que le Maître lui a promis.
Que celui qui est arrivé à la troisième heure soit heureux de son activité et remercie Dieu de lui avoir permis d’être actif dans sa vigne.
Que celui qui n’est au travail que depuis la sixième heure sache que le Maître le prend en charge et qu’il peut être confiant.
Que celui qui a tardé jusqu’à la neuvième heure ne soit pas en peine du fait qu’il n’a travaillé que trois heures, car le Seigneur lui accorde le même salaire qu’aux premiers.
Que celui qui n’est apparu qu’à la onzième heure ne se fasse aucun souci quant à son retard, car le Maître est bon et il veut donner autant à tous ceux qui entrent dans sa vigne.
Que celui qui n’est pas encore venu au Seigneur, sache que le Père le recevra toujours, parce qu’il l’aime et ne fait pas de différence entre ses enfants.

Nous sommes donc tous invités à la table du Seigneur.

Fraction

Le pain que nous rompons est la communion au corps de notre Seigneur Jésus-Christ, rompu pour nous et pour tous les peuples.
La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâce est la communion au sang de notre Seigneur Jésus-Christ, versé pour nous et pour tous les peuples.

Prière d’actions de grâce

Seigneur Dieu, nous avons communié au corps et au sang de ton Fils.
Sa mort nous a donné l'espérance ; que sa résurrection nous fasse parvenir à la plénitude de ton Royaume. Exauce-nous, pour la gloire de ton nom. Amen.

 

Prière sur les offrandes

Père, alors que nous partageons ce que tu nous as donné, nous pourrions être tentés de voir ce qui va être réalisé avec ces dons. Ce serait une façon de contrôler, de s’assurer du suivi de notre offrande ; mais ce ne serait pas donner.

Aide-nous, Père, à ne pas chercher à voir, mais à faire confiance ; à donner non seulement ce que nous avons, mais ce que nous sommes.

 

Prière d'intercession

Père, nous te prions afin que tu nous aides à sortir de nos habitudes et de nos contraintes quotidiennes pour aller vers les autres.

Oui, Père, arrête-nous dans le tourbillon de nos vies afin de regarder nos prochains et d’être attentifs à leurs besoins.

Fait taire en nous les réticences qui nous empêchent d’adresser un regard bienveillant, de dire une parole agréable et de tendre la main :

  • Casse nos réflexes qui nous font considérer ceux qui ne nous ressemblent pas comme des personnes dérangeantes. Qu’au contraire nous sachions saisir l’occasion d’apprendre en rencontrant quelqu’un de différent.

  • Donne-nous suffisamment d’amour pour accompagner notre prochain dans ses centres d’intérêt. Que notre soif de faire passer notre science et nos idées n’étouffe pas nos interlocuteurs au lieu de les laisser s’exprimer.

  • Que nos propres souffrances ne soient pas un handicap pour apporter du réconfort.

  • Que nos faibles moyens ne constituent pas un frein à l’aide que nous pouvons donner, comme si seuls le miracle ou la fortune pouvaient faire de nous des prochains acceptables.

Fais de nous, Père, des colporteurs d’amitié et que ton amour en nous soit l’œil de l’aveugle, le pied du paralysé et le moral du dépressif.

 

Envoi

Je vous rappelle le texte qui nous a été lu tout à l’heure dans Galates 3, 27-28 : Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ. En Christ, il n’y a donc plus de différence ; tous les êtres humains sont égaux. Il est donc possible d’aimer tous nos prochains.

C’est le message que le Seigneur nous donne de proclamer.

 

Bénédiction

Recevons la bénédiction de Dieu avec le Psaume 67, 2 :

Que Dieu nous accorde sa grâce et qu'il nous bénisse,

Qu'il fasse briller sur nous sa face,

Afin que l'on connaisse sur la terre ta voie, et parmi toutes les nations ton salut !