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LA BIBLE, C'EST COMME UNE BOITE DE CHOCOLATS…

Ézéchiel 3, 1 à 7 - Apocalypse 10, 8 à 11 - Culte de rentrée

Chers frères et sœurs,

Je vous ai sentis gourmands en préparant cette rentrée. Affamés comme les foules qui poursuivaient Jésus, mais pas de pain. Vous aviez envie de pâtisseries, de douceurs, de tartes confectionnées selon les bonnes vieilles recettes d’antan et partagées entre nous dans la convivialité.

Ne venons nous pas de chanter « Vous ne vivrez pas de pain seulement, mais de toutes paroles » ? Aussi j’ai voulu ce matin contribuer à calmer cette faim et à satisfaire ces envies.

Dans le célèbre film  Forrest Gump, le héros déclare : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Eh bien, si la Bible est pour nous Parole de Vie, alors je prends le pari ce matin de vous démontrer que la Bible est elle-aussi comme une boîte de chocolats. Et pour mieux vous le prouver, je vous offre d’en faire l’expérience…. gustative.

 

Première distribution : carreaux de chocolat brut 99 %

Qu’avez vous ressenti ? A première vue, c’est du chocolat, mais sur la langue, c’est plus amer, moins fondant que ce que l’on aurait pu attendre. C’est un peu râpeux même.

C’est du chocolat à 99 %, du chocolat quasiment brut, sans graisse végétale ajoutée, sans sucre, sans arômes. Les amateurs vous diront que c’est là le chocolat par excellence, sans artifices. Que son goût incomparable est celui naturel de la fève de cacao. Bref, les amateurs de chocolat ne jurent que par cela.

Et c’est ainsi que s’offre la Parole de la Bible, lorsque nous l’ouvrons parfois au hasard, et que nous la lisons, seuls.

Une Parole brute, authentique, qui a traversé les siècles en restant aussi fidèle que possible aux textes hébreux et grecs originaux. Sans artifices. Sans que l’on ait rajouté ou enlevé quoi que soit pour adoucir ses mots. Sans que les traducteurs aient modifiés ou ré-écrits ces textes ancestraux pour les édulcorer, les rendre plus digestes, plus au goût du jour.

Alors, au fil de nos lectures, nous découvrons une Bible qui n’est pas ce recueil de belles histoires au royaume de l’amour et du vivre ensemble que nous avions entrevu au catéchisme. Nous tombons parfois sur des paroles dures et amères, des psaumes violents, des destins tragiques, des guerres fratricides.

Et puis, il y a ces paraboles, ces commandements de Jésus qui souvent nous déplacent, nous dérangent, viennent appuyer là où ça fait mal pour mieux nous dire qu’il y a encore des choses à changer dans nos vies pour véritablement vivre en disciple, pour suivre et servir le Christ comme il nous appelle à le faire.

C’est ce que nous avons entendu dans ce texte de l’Apocalypse : douce comme le miel, la Parole peut devenir amère à nos entrailles. Elle a du mal à passer. On a du mal à la digérer. Et l’on est tenté de refuser cette nourriture, de lui en préférer d’autres plus douces à notre palais, plus facile à assimiler. « Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter(1Co 3,2) » écrivait l’Apôtre Paul au Corinthiens au sujet de sa prédication.

Oui, lire La Bible s’accompagne d’un apprentissage, d’une expérience dans le temps comme on éduque son palais au fil des années. Et parfois, il est bon de la savourer en groupe, comme dans ces cercles de dégustation de chocolat, mais aussi de vin, de picodons, de caillettes, que sais-je encore. Partager l’expérience, comparer ses goûts, ses sensations, partir ensemble à la recherche de ce qui est authentique,de ce qui respecte la tradition et donne du plaisir, de ce qui satisfait vraiment nos sens, comble nos envies. N’est-ce pas là ce que nous faisons au culte, au catéchisme ou dans une animation biblique ?

Mais nous n’en resterons pas là, je vous propose une deuxième expérience.

 

Deuxième distribution : biscuits au chocolat

On est là dans un tout autre registre. Plus proche du chocolat plaisir, mais il y a aussi de la mâche, du croustillant comme diraient les professionnels. C’est consistant, on s’attend à remplir son estomac. Je suis sûre que si je fais une deuxième tournée avec le paquet entier, vu l’heure, vous en reprendriez bien un ou deux…

C’est ce que Dieu commande à Ézéchiel lorsqu’il lui dit de manger ce rouleau. Non pas de le lire, de l’avaler sans mâcher, mais de le MANGER.

Que veut-il dire par là ? Que lorsque nous lisons la Bible, que nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu, il ne faut pas le faire d’une oreille distraite. Si ça rentre par une oreille, et que ça ressort par l’autre, alors c’est comme si on avale ça tout rond. On n’a pas le temps d’apprécier, rien le temps de savourer.

La Parole est une nourriture consistante, elle se mâche, elle se rumine presque pour dévoiler tout son goût, tout ses arômes. Pour pouvoir être avalée sans s’étouffer, pour être plus digeste aussi.

Car ce que Dieu dit à Ézéchiel, c’est de remplir ses entrailles, et de nourrir son ventre.

Remplir ses entrailles, c’est manger pour assouvir sa faim, jusqu’à satiété. On ne fait rien d’efficace le ventre vide, et mal se nourrir, ou ne pas manger à sa faim conduit inexorablement à la faiblesse, voire à la mort.

La lecture de la Bible vient combler nos faims : faim de vérité, faim de sens pour nos vies, faim de paroles de consolation ou d’encouragement, faim de cette présence et de cet Amour d’un Autre que nous cherchons, parfois inconsciemment.

La parole remplit d’abord nos entrailles, puis elle NOURRIT nos ventres, nos corps. Une fois digérée, assimilée, cette Parole nous ressource. Comme notre nourriture, elle apporte à tous les organes de notre corps ce dont ils ont besoin pour vivre, pour grandir, pour réfléchir, pour se mettre en mouvement, pour agir. Des nutriments comme les glucides, les protéines, les vitamines, bref, de l’énergie.

Et se mettre en mouvement, dans le commandement de Dieu, c’est aller-et-dire ses paroles. « Va vers la maison d’Israël et dis-leur mes paroles ». C’est nourris par ces paroles que nous trouvons l’énergie, l’élan, de nous mettre concrètement au service et de témoigner pour que d’autres, à leur tour, soit rassasiés et nourris par ces mots qui nous donnent la Vie.

Et quelle énergie !

Prophétiser sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, de rois, prophétiser même vers ceux qui ne vous écouteront que d’une oreille distraite, et qui refuserons votre parole aigre-douce. Voilà tout ce que cette Parole génère et alimente en nous de désir, d’énergie et d’action en vue de la louange et du témoignage.

Mais loin de moi l’idée de vous gaver et de vous priver d’une nourriture plaisir, réconfort, vous savez, comme le petit carré de chocolat avec le café par exemple !

 

Troisième distribution : chocolat blanc à la vanille, chocolat noir amandes et écorces d’orange.

Quelle est votre sensation ? Vous retrouvez-là sûrement ce que vous attendez du chocolat : tendre, sucré, allié à d’autres saveurs. Suave comme la vanille, acidulée comme l’orange, avec le craquant des amandes. Ces saveurs surprennent et titillent vos papilles. Elles vous ramènent peut-être à vos souvenirs d’enfance, vos goûters, vos Noëls, vos œufs de Pâques. Une sensation qui évoque la fête, la joie, qui évoque aussi le réconfort, la consolation, la récompense.

Ce petit carré de chocolat se fait alors miel sur votre langue. Et on y prend goût, il devient une habitude, une addiction parfois pour certains. Je connais des gens qui sont astreints à un régime strict, mais qui vous avouent s’accorder chaque soir le plaisir d’un petit morceau de chocolat.

Ainsi en est-il de la Parole de Dieu. Parfois amère, difficile à avaler, à digérer, elle laisse tout de même sur la langue une saveur comme une présence qui demeure, et qui donne envie d’y revenir. A force d’être lue, relue, disséquée, cette parole finit par nous être familière, indispensable pour nous accompagner dans la rudesse de la vie. C’est le verset qu’on vient lire chaque matin sur le calendrier ou l’almanach, un peu comme le petit carreau de chocolat pour adoucir l’amertume du café.

Ici se termine notre traversée gustative de la Bible. Mais on pourrait encore la prolonger tant ce gros livre est riche et varié.

Voyez, il y a tout cela dans la Bible, et sa lecture nous expose à toutes sortes de textes, de paroles, d’expériences inattendues, douces ou parfois plus rudes ou plus surprenantes. On ne sait jamais ce qui peut, au détour d’un verset, nous saisir sur l’instant, déranger nos convictions d’ordinaire tranquilles, ou réveiller en nous cet élan de la foi et du témoignage.

« Que tes paroles sont douces à mon palais ! Quand je savoure tes instructions, je leur trouve un goût plus doux que le miel (Ps 119) » chantait le psalmiste.

Oui, la Bible est comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber !

Amen
 


Ezéchiel 3, 1 à 7

Celui qui parle me dit : «Toi, l’homme, mange ce qui est devant toi. Mange ce rouleau, puis va parler aux Israélites.»
J’ouvre la bouche, et il me fait manger le rouleau.
Ensuite, il me dit : «Toi, l’homme, remplis ton ventre, nourris-toi avec ce rouleau que je te donne.» Je le mange donc. Dans ma bouche, il est doux comme du miel.
Celui qui parle me dit : «Toi, l’homme, va vers les Israélites et répète-leur ce que je vais te dire.
Je ne t’envoie pas vers un peuple qui parle une langue étrangère difficile à comprendre. Je t’envoie vers le peuple d’Israël.
Si je t’envoyais vers les peuples nombreux qui parlent une langue étrangère difficile à comprendre, et qui est obscure pour toi, ils t’écouteraient.
Mais les Israélites, eux, ne voudront pas t’écouter, parce qu’ils ne veulent pas m’écouter. Oui, ils ont tous la tête dure, et leur cœur est fermé.

Apocalypse 10, 8 à 11

La voix du ciel que j’ai déjà entendue me parle encore. Elle dit : «Va prendre le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.»
Je m’avance vers l’ange et lui demande de me donner le petit livre. Il me dit: «Prends-le et mange-le. Il sera amer pour ton ventre, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel.»
Je prends le petit livre de la main de l’ange et je le mange. Dans ma bouche, il est doux comme du miel. Mais quand je l’ai mangé, il devient amer pour mon ventre.
Ensuite on me dit : «Tu dois encore parler au nom de Dieu, au sujet de beaucoup de peuples et de pays, de beaucoup de gens de toutes langues et au sujet de beaucoup de rois.»

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