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TOUS AU SERVICE DES PLUS PETITS

Luc 7, 1 à 10

A la lecture de ce texte, la première question qui m'est venue est quelle est cette foi du centurion que Jésus admire et qui va permettre la guérison du serviteur ?

Mais cheminons dans le texte, pour essayer de trouver quelques éléments de réponse.

Tout d'abord, nous lisons que le centurion "entend" parler de Jésus. Certainement qu'il a entendu les récits de guérison qui ont déjà eu lieu à Capernaüm que nous trouvons un peu plus haut dans le récit de Luc et il croit donc que Jésus peut guérir ce serviteur auquel il tient tant. Il décide de tout faire pour atteindre ce but et se faire aider.
Cette confiance peut rappeler aussi les paroles de Paul "la foi vient de ce que l'on entend", et il va mettre en œuvre cette confiance, non pas pour lui mais au bénéfice de son serviteur.

Contrairement aux deux autres évangélistes (Mathieu et Jean) qui nous livrent un récit semblable, le centurion ne vient pas directement vers Jésus. Il se sert de deux délégations, les notables juifs tout d'abord puis ses amis, certainement Romains comme lui.

La première réclame le miracle à cause de la dignité de ce centurion. Les chefs juifs plaident sa cause pour un motif religieux car à leurs yeux, la guérison se mérite. Jésus peut répondre favorablement à leur demande car le centurion est un homme bon pour leur communauté. Leur argument n'est pas d'abord humain ou fraternel, mais il manifeste un système marchand, du "donnant-donnant", le centurion a acquis le droit de demander et d'être exaucé en bâtissant leur synagogue !
Et étonnamment, Jésus accepte de les suivre, comme s'il ne remettait pas en cause cela.

Mais la deuxième délégation vient en quelque sorte contredire la première. En effet, le centurion fait dire par ses amis qu'il n'est pas digne que Jésus le rencontre. En fait il ne se considère pas digne car il n'est pas juif. Mais il reconnaît l'autorité de Jésus et il garde foi en sa capacité de guérir. Il pense que la parole de Jésus peut suffire à guérir son serviteur et nous pouvons ici souligner l'humilité de ce centurion, il n'a pas besoin de rencontrer Jésus en personne.
On peut remarquer que cette phrase du centurion a été reprise dans la liturgie de la Cène, et nous dit dans quel état d'esprit nous approcher de la table, avec humilité sachant que nous n'en sommes pas dignes mais que le Seigneur par sa parole nous déclare guéris.

En ajoutant au récit ces deux ambassades, Luc permet qu'on se rende compte de l'importance des médiateurs, des relais dans la transmission de la foi.

Ce récit tout simple, tel que Luc le reprend, met finalement à jour un processus de transmission de la parole, aboutissant à l'expression de la foi, à l'admiration de Jésus - et vraisemblablement - à la guérison du serviteur. Il n'y a pas de bons relais, ni de bonnes prières, ni de bons témoins... mais, malgré leurs présupposés ou leurs maladresses, les relais sont ici nécessaires pour permettre une rencontre entre Jésus et le centurion... pour permettre à la foi de se dire, à l'ouverture de se faire, et à la guérison d'advenir.
Tous les personnages relais - juifs religieux, militaires païens - se sont mis à la disposition d'une souffrance humaine à soulager, d'un garçon à libérer du mal.

Et c'est cela qui compte : se mettre au service d'autrui, des plus petits et de l'Evangile... même maladroitement... ouvrir un chemin pour que la bonne nouvelle du salut puisse d'introduire, toucher les cœurs et les guérir.

Ainsi l'Evangile nous rappelle que ce qui compte pour Jésus, ce n'est ni nos mérites, ni nos incapacités, mais lui regarde au cœur, à cette foi qui nous met en action, qui nous permet de dire notre intention et notre attention à celui qui souffre. Il est à remarquer que le centurion est au centre de cette histoire, mais c'est son serviteur, est absent, qui est le principal bénéficiaire de son action.

Voici le merveilleux de ce miracle : cette solidarité difficile et nécessaire entre Juifs, Romains, Jésus, païens, religieux et militaires, pourquoi ? Pour qu'un petit esclave soit guéri !
Cela nous enseigne à développer la même confiance que le centurion... la même compassion que ses amis... tout en servant relais à la parole... en nous mettant au service des plus petits.

Amen

 

Luc 7, 1 à 10

Jésus guérit le serviteur d’un officier romain

1 Quand Jésus a fini de dire tout cela aux gens, il entre dans la ville de Capernaüm.
2 Là, il y a un officier de l’armée romaine. Cet officier a un serviteur très malade qui est mourant, et il l’aime beaucoup.
3 Quand l’officier entend parler de Jésus, il envoie quelques anciens des Juifs pour lui demander : « Viens sauver mon serviteur ! »
4 Les anciens arrivent auprès de Jésus, et ils le supplient en disant : « Cet homme mérite que tu fasses cela pour lui !
5 En effet, il aime notre peuple, et c’est lui qui a fait construire notre maison de prière. »
6 Alors Jésus va avec les anciens. Il est presque arrivé à la maison. À ce moment-là, l’officier envoie des amis pour lui dire : « Seigneur, ne te dérange pas, je ne suis pas digne que tu entres chez moi.
7 Voilà aussi pourquoi je n’ai pas osé venir moi-même vers toi. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri.
8 Moi, j’obéis à un chef et je commande à des soldats. Je dis à l’un : “Va !” et il va. Je dis à un autre : “Viens !” et il vient. Je dis à mon serviteur : “Fais ceci !” et il le fait. »
9 Quand Jésus entend cela, il admire l’officier. Il se retourne et dit à la foule qui le suit : « Je vous le dis, même dans le peuple d’Israël, je n’ai jamais trouvé une foi aussi grande. »
10 Les amis que l’officier romain a envoyés retournent chez lui et ils trouvent le serviteur en bonne santé.

(Texte Parole de Vie)

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