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UN VERRE D'EAU FRAICHE

Matthieu 10, 37 à 42

Certains doivent déjà regretter d’être venu au culte ce matin !!!

Il faudrait donc préférer Jésus à sa propre famille ? Il faudrait même préférer la mort à sa propre vie, ne pas se soucier de sa propre existence ? Faut-il faire un choix de Foi qui nous coupe de nos familles, parents, enfants ; Est-cela être digne ? La dignité, chrétienne ?

Je pourrais essayer ce matin de justifier le texte. Bien sur il y a un contexte. L’Evangile de Matthieu s’écrit dans une période difficile à la fois de rupture avec la synagogue, la toute jeune communauté chrétienne se sépare de son lieu de naissance, de sa famille, de son origine qu’est le berceau du judaïsme. Les frères sont divisés. Quel clan choisir, qui suivre, comment se situer entre risque de l’engagement et sécurité du passé ? Il y a urgence à savoir qu’est-ce que c’est qu’aimer, qu’est-ce que c’est que vivre …
Ce contexte expliquerait alors ce radicalisme de l’Evangile. Cette discipline forte des disciples qui sont obligés de faire le choix entre une fraternité d’origine et cette nouvelle famille qui se constitue autour du Christ et de ceux qui écoutent et font la volonté du Père. Mon frère, ma sœur dit jésus devant sa mère et ses propres frères, c’est celui qui fait la volonté de mon Père.

La croix, si récente, si présente, donne ce ton tragique à l’engagement du croyant. Mais faut-il réserver tout le sens de ce texte à une histoire, à un passé, un contexte ?

 

Ce matin nous nous préparons aux vacances, ce n’est pas vraiment le moment de préférer l’église à la famille, c’est au contraire le moment où penser à sa vie, à soi, à sa santé et aux siens, à l’amour justement et à la vie!
L’ambiance n’est pas au tragique. Quoique, si nous regardons bien…
Mais comment ce matin recevoir un parole claire de l’évangile pour notre été, notre journée, notre paroisse, nos familles ?

Je vous propose de nous concentrer sur un geste, un geste très concret dans ce texte difficile à recevoir : le verre d’eau fraîche !
Celui là il est bien d’actualité ! Universel, intemporel.
Pensons à la canicule des jours derniers. Et puis il peut nous évoquer d’autres verres d’eau de la Bible, ou de nos propres histoires, il est un geste d’hospitalité, d’attention aux autres.

On peut penser en premier à ce geste bien connu de ce même évangile de Matthieu 25 qui évoque le temps du jugement et la réponse de ceux que Jésus déclare justes à leur insu :
« Les justes diront quand t’avons-nous vu assoiffé pour t’abreuver, et le fils de l’homme répondra : amen je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits, à l’un de mes frères, que voilà c’est à moi que vous l’avez fait. »
On connait moins peut-être ce verset de la lettre aux Romains 21 : "Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire. Et le Seigneur te récompensera."

Le geste du verre d’eau est associé souvent à la personne de passage ou en manque. Moins la table familiale où chacun trouve de quoi se désaltérer.

Un geste d’ouverture qui agrandit le cercle fraternel, parental, paroissial, de la table commune. Déborde, transgresse.
Quels sont nos liens, nos clans ? À qui va-t-on tendre gratuitement un verre d’eau ? Qui sont et seront nos frères et sœurs désormais ?

Un geste qui sauve : à ces wagons de déportés d’hier, aux migrants d’aujourd’hui, aux petits et personnes âgées alitées.pour lesquelles un verre d’eau est vital

Un geste de disciple : le verre d’eau c’est le symbole du geste engagé, un geste risqué, il y a le disciple envoyé par Jésus et celui qui accueille un disciple rejeté et lui donne à boire, devenant disciple de celui qu’il accueille en vérité, Dieu le Père.

La dignité chrétienne serait symbolisée par ce geste d’eau tendue à l’autre, étranger, ennemi, petit. La dignité serait de rendre sa dignité à tout homme toute femme au-delà des cercles familiaux, de clans, d’église, de religion ?

Est-ce que l’amour lui-même n’appelle pas un envoi, un sortir de, qui veut dire « exister. » Non pour diminuer l’amour ou s’en priver mais pour l’augmenter, l'élargir, l’enraciner, et le fonder dans l’amour, l’homme quittera père et mère et s’attachera à sa femme, dit la Genèse. Abraham, va, pars loin de ton pays,
"Vous aurez ainsi la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance" Ephésiens 3,16

Nous allons préférer au partage de la Cène ce matin, dans l’esprit de cette exhortation du Christ, le partage d’un verre d’eau apporté par les enfants. Est-ce que le Christ ne nous exhorte pas à aimer plus l’évangile et son appel pressant que nos habitudes et même nos dogmes et églises… ?

Un verre d’eau qui prend tout son sens de vie, de bénédiction, d’amour du prochain, de salut :

Partage de l’eau en lisant le texte, partage du gouter du culte des enfants le soir :
Prends cette gorgée de vie
Mon frère, ma sœur, n'aie pas peur.
Aujourd'hui, prends cette journée qui commence.
Prends cette journée comme tu prendrais un verre d'eau que quelqu'un que tu ne connais pas aurait préparé pour toi, sur la table, pour ton réveil.
Prends cette journée de vie.
Elle est là, devant toi. Prends-la même si tu ne sais pas pourquoi on te l'offre.
Prends-la sans te l'expliquer. Prends-la sans honte. Prends-la avec reconnaissance.
Elle est là, à ta portée, pour toi. Elle t'attend.
L'amour de Dieu est venu te l'apporter, sur la pointe des pieds.
L'amour de Dieu te l'a laissée, là, devant toi, pour toi. Prends-la sans crainte.
Tu ne la prends à personne. Elle vient de la fontaine de la vie.
L'eau de la fontaine, elle coule pour tous.
L'eau de la fontaine, elle coule pour toi.
L'eau de la fontaine, elle coule pour rien si tu ne la bois pas.
Mon frère, ma sœur, aujourd'hui encore, prends cette gorgée de ta vie,
prends-la et dis seulement : Amen et merci.

D'après une prédication de la pasteure Françoise Sternberger

 

Matthieu 10, 37 à 42

Les disciples doivent être prêts à donner leur vie comme Jésus
37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.
38 Celui qui ne prend pas sa croix et qui ne me suit pas, celui-là n’est pas digne de moi.
39 Celui qui veut garder sa vie la perdra. Celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.
 
Si quelqu’un reçoit les disciples, c’est Jésus qu’il reçoit
40 Si quelqu’un vous reçoit, c’est moi qu’il reçoit. Et la personne qui me reçoit, reçoit aussi celui qui m’a envoyé.
41 Si quelqu’un reçoit un prophète parce que c’est un prophète, il aura la récompense qu’on donne à un prophète. Si quelqu’un reçoit une personne fidèle à Dieu parce qu’elle est fidèle, il aura la récompense qu’on donne à une personne fidèle. Je vous le dis, c’est la vérité :
42 Si quelqu’un donne à boire un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits parce que c’est mon disciple, il aura sûrement sa récompense.

(Texte Parole de Vie)

Lire la prédication