Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

JESUS, SECOND ADAM

Luc 2, 1 à 11 – Esaïe 35 – 1 Corinthiens 15, 21. 22. 45-49

Vous savez comme moi que Jésus n'est pas né un 25 décembre. Car même en Palestine, en hiver les troupeaux de moutons ne passent pas la nuit dehors. Or Luc raconte que les bergers veillaient sur leurs troupeaux la nuit au cours de laquelle Jésus est né.
Jésus n'est pas né, non plus, l'année 0 de notre calendrier. Mais avant l’an 4 av. J-C, si l’on se base sur l’évangile de Matthieu ; ou après l’an 6 de notre ère si l’on tient compte des déclarations de Luc.
En fait, nous ne savons pas quand il est né. En ce sens, Jésus est bien un homme de son temps, où il n'y avait pas d'état civil. La preuve en est que, lors du recensement d'Auguste, chacun a dû se faire inscrire.
A l'époque on ne fait guère attention aux dates. Et cela durera longtemps, puisque même en l'an mil de notre ère, la plupart des gens ne savaient pas qu'ils étaient en l'an mil ap. J-C. Ils avaient, en effet, l'habitude de compter les années à partir de la première année du règne du roi du moment.
A cette époque là, on ne sait donc pas en quelle année on est venu au monde. De même on ne connaît pas la date des décès ; à moins que la personne décédée soit un roi ou quelqu'un de très important.
L'essentiel n'est d’ailleurs pas les dates de naissance et de décès, mais la vie qui s'écoule entre elles, et l'œuvre accomplie entre la naissance et la mort. Si nous fêtons la naissance de Jésus aujourd'hui, sans en connaître la date, c'est parce que sa vie a été particulière. Une vie dont l'impact dépasse largement les frontières de la Palestine.
Si nous fêtons la naissance de Jésus, c'est parce qu'il a laissé un message qui a révolutionné le monde entier. Cette universalité est rendue de différentes façons dans les textes du Nouveau Testament.

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CE QUE JE VOUS DIS, JE LE DIS A TOUS

Esaïe 63, 15 à 64, 8 – 1 Corinthiens 1, 3 à 9 – Marc 13, 33 à 37

Le froid se fait sentir depuis quelques jours, avec son cortège de malheurs et de souffrances. L’hiver, la misère se fait plus cruelle. On ne va pas tarder à nous rapporter (si ce n’est déjà le cas) les décès de quelques personnes sans domicile, pendant les nuits. Hormis le fait que c’est un scandale dans un pays riche, ces drames paraissent incongrus au regard de la débauche de victuailles que l’on s’apprête à acheter, à consommer et à gaspiller à l’occasion des fêtes de fin d’année. Noël n’est-il pas pour tous ? Jésus n’est-il venu que pour quelques-uns ?
Nous connaissons les réponses à ces questions, mais je voudrais les étayer à partir d’un passage du livre d’Esaïe.

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QU'EST-CE QUE LA VÉRITÉ ?

Marc 12, 41 à 44  – 1 Jean 4, 7 à 14  – Jean 18, 33 à 38a

On a dit beaucoup de mal de Pilate − il n'est certes pas sans reproche − mais on peut retenir de lui qu'il a posé cette question fondamentale : Qu'est-ce que la vérité ?
Curieuse question, car Pilate n'est ni philosophe, ni religieux. C'est un administrateur, et les administrateurs romains ont d'ordinaire, à cette époque, des réponses toutes faites aux questions qui se posent. Pourquoi Pilate pense-t-il, tout à coup, à la question de la vérité ? Parce que Jésus vient de dire qu'il est venu pour rendre témoignage à la vérité ? Pilate aurait alors pensé tout haut, en disant d'un air désabusé : Qu'est-ce que la vérité ? Sans attendre de réponse ; raison pour laquelle Jésus ne lui en donne pas.
Pilate se demande ce qu’est la vérité, parce que c'est une question à laquelle tout être humain pense un jour ou l'autre, et tente d'apporter des réponses.

 

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ESAIE L'INNOVATEUR

Esaïe 1, 11 à 16  -  Colossiens 2, 8 à 17  -  Mathieu 6, 1 à 8

Faut-il être conservateur pour être un bon chrétien ?
L'actualité sur les Etats Unis et ses choix politiques nous amène à nous poser cette question. En effet, le courant chrétien conservateur est puissant dans ce pays et, fort de ses certitudes, les utilise comme fer de lance dans la vie politique.
Pour ceux qui cherchent des repères, la religion apparaît comme la forteresse inexpugnable de la continuité…
N'est-elle pas présente à la naissance, au mariage, à l'adolescence et à la fin de la vie ? Et ceci de manière continue, depuis l'époque de nos lointains ancêtres ?

Et pourtant, en y regardant de plus près, la révélation de laquelle nous sommes les héritiers est truffée d'innovations !

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LE COMMANDEMENT DE L'AMOUR

Marc 12, 28 à 34 − Deutéronome 6, 1 à 6 −  Lévitique 19, 15 à 18 − 1 Jean 4, 7 à 21

Ce texte de Marc est très agréable à lire. C'est, en effet, peut-être le seul passage des évangiles où Jésus et les pharisiens sont d'accord. Il n'est, d'ailleurs, pas dit que le scribe ait posé la question à Jésus pour l'éprouver, conformément à l'habitude des docteurs qui cherchaient à piéger Jésus.
La raison de cet accord et de l'attitude du scribe est inscrite dans le contexte. Dans les versets qui précèdent (18-27), ce sont les sadducéens qui cherchent à mettre Jésus dans l'embarras, en lui racontant l'histoire d'une femme qui a épousé successivement 7 frères. Ils veulent savoir duquel elle sera la femme après la résurrection. Les sadducéens ne croient pas à la résurrection, et une telle situation où une femme pourrait, après la résurrection, avoir plusieurs maris, les renforcent dans cette conception. Or les pharisiens, eux, y croient à la résurrection.
Et comme Jésus a réussi à soutenir la thèse de la résurrection devant les sadducéens  en présentant un royaume de Dieu où il n'y a ni femme, ni mari  les pharisiens se sentent, à cette occasion, plus proches de Jésus que des sadducéens. C'est donc en toute sincérité que le scribe questionne Jésus.

 

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TOUT EST POSSIBLE A DIEU

Marc 10, 17-31  –  2 Rois 6, 32 à 7, 2  – Romains 3, 21 à 28

Imaginez que vous ayez vécu à l'époque de Jésus en Palestine ; où que vous le voyiez apparaître parmi nous : quelle question lui poseriez-vous ? Peut-être bien celle que cet homme lui pose dans ce récit de l'évangile : Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?
Question classique, typique, qui ressort chaque fois que l'être humain est placé dans un contexte religieux. Question qui illustre que l'homme est essentiellement intéressé par deux choses : l'immortalité et ses propres actions. Autrement dit, il est intéressé par lui-même. C'est la question de fond mise en exergue par ce récit.
L'homme riche a, cependant, une façon (chez Marc et Luc) de poser cette question qui permet de ne pas rester enfermé sur soi-même.

 

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UNE PLACE AUX MALHEUREUX

Marc 10, 46 à 52 – Romains 12, 9 à 16   

Bartimée est au bord du chemin. Il est aveugle et il mendie. Sans doute est-il là depuis longtemps ; un aveugle ne bouge pas beaucoup. Les gens le connaissent bien. La preuve en est que son nom est venu jusqu’à nous par l’intermédiaire de Marc. Or Jésus a guéri beaucoup de personnes dont on ne connaît pas les noms.
Les gens donnent sans doute une pièce de temps en temps à l'aveugle. Bartimée est leur pauvre. Il fait partie du décor, mais rien que du décor ; on ne s’arrête pas pour lui parler ; on ne lui demande pas ce qu’il pense des choses, de la vie. Il pourrait être muet, ça ne changerait rien.

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DESCENDEZ DE VOTRE SYCOMORE

Luc 19, 1 à 10  –  Esaïe 2, 9 à 17 ; 9, 7 à 12  –  Luc 14, 7 à 11

Jésus entre à Jéricho. Cela peut paraître banal, mais pour les contemporains de Jésus, ce n'est pas banal qu'un prophète aille à Jéricho. Ce n’est pas banal, parce que cette ville est un symbole.
Sur le plan géographique, déjà. Elle est la ville d'en bas, par rapport à Jérusalem située sur la montagne. Il y a plus de 1000 m de dénivelé entre les deux. Jérusalem est à, environ, 700 m d'altitude, alors que Jéricho est à – 384 m au-dessous du niveau des mers. C'est la ville la plus basse de toute la terre. Les habitants de Jéricho sont donc : ceux d’en bas.

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LE MARIAGE, SIGNE DE L'AMOUR DE DIEU

Marc 10, 2 à 12  –  Genèse 2, 18 à 24  –  Osée 2, 4 à 10, 16 à 22

Est-il permis de répudier sa femme ?
C'est la question que les Pharisiens posent à Jésus. A l'heure actuelle on dirait : Est-il permis de divorcer ? Car la question se pose aussi, maintenant, pour les femmes ; ce qui n'était pas le cas à l'époque de Jésus. En fait, il est question ici de répudiation et non de divorce. Seuls les hommes pouvaient répudier leurs femmes. Par là-même, le divorce à l’amiable était impensable.
Ah, cet impérieux besoin d'obtenir la permission de Dieu pour faire ce qu'on veut ! L'homme ne veut rien faire sans s'assurer qu'il est couvert par une autorité. Il veut faire ce qu'il aime, mais sans en assumer la responsabilité et les conséquences. En fait, la liberté ne l'intéresse que si elle n'implique pas la responsabilité de ses actes. Mais ce n'est plus la liberté.

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RECEVOIR LE SEIGNEUR

Marc 9, 33 à 37 – Jacques 3, 16 à 4, 3  –  Luc 22, 24 à 30

Les disciples ne se font aucuns cadeaux. Car ce sont eux qui ont écrit les évangiles ; eux ou leurs disciples. Marc est disciple de l'apôtre Pierre, son évangile est donc issu de ce que Pierre lui a raconté. Or il n'omet pas de parler de cette querelle des disciples. Par égard pour son maître, il aurait pu ne pas raconter cet épisode ; mais c'est visiblement trop important pour être passé sous silence.
Ils n'en sont pourtant pas fiers, les disciples, de cette querelle. Quand Jésus leur demande de quoi ils avaient discuté, ils préfèrent ne pas répondre. Ils auraient l'air malin à revendiquer la plus haute place parmi eux, alors que (aux versets précédents) Jésus vient d'annoncer sa mort. Il faut dire qu'ils n'ont rien compris à cette parole de Jésus (v. 32). Comment le pourraient-ils alors qu'ils ne pensent qu'aux privilèges que la position de disciples du Christ peut leur apporter ?
Oui, les disciples se sont querellés pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand. Chacun devait y aller de ses arguments. Ils ne sont pas spécifiés dans le texte, mais nous n'en avons pas besoin pour les deviner. Ce genre de querelle n'est hélas pas si rare. Ce qui est noté, par contre, c'est la réponse de Jésus à ce débat ; parce que çà, c'est important.

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