Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

L'EPOUX TARDAIT

Matthieu 25, 1 à 13, Genèse 16, 1 à 6, 2 Pierre 3, 1 à 13

Ce n'est pas la seule fois que Jésus raconte des histoires de mariage. On connaît la parabole du festin des noces, en Mat 22, ou la parabole de l'invité prétentieux, en Luc 14.
Pourquoi Jésus raconte-t-il des histoires de mariages ? Pour parler de rencontre, d'union, de communion entre Dieu et son peuple, entre le Christ et l'Eglise. Dans cette parabole des vierges, c'est encore le cas.
Ce mariage avait commencé comme les autres : accompagné de ses amis, le marié est allé à la maison de la mariée. Là, une cérémonie très simple s'est déroulée, puis il est prévu que le couple se rende à la maison du marié pour le festin. Mais, dit Jésus, l'époux tarde. D'où l'endormissement des jeunes filles qui attendent la venue de l'époux.
Ce retard de l'époux rend compte d'une préoccupation des chrétiens, quelques années après l'ascension de Jésus, et depuis 2000 ans que Jésus est parti.

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LE TEMPS DE L'ATTENTE

Marc 13, 33 à 37, Ezéchiel 7, 10 à 16, 1 Corinthiens 1, 3 à 9

Nous voici arrivés dans le temps de l'Avent. Curieux moment où nous vivons en même temps la fin et le début de l'année liturgique. C'est normal, me direz-vous. C'est ainsi chaque fois que l'on s'inscrit dans un cycle qui se répète, et où la fin du cycle rejoint un nouveau commencement, dans un cycle sans fin.
C'est là, d'ailleurs, qu'il y a problème. En effet, sommes-nous dans un cycle ou dans un temps linéaire ? Autrement dit : comment voyons-nous le temps ? Comme une ligne avec un début et un aboutissement, ou comme un cercle sans commencement ni fin ?

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DONNER SANS CALCUL

Matthieu 25, 31 à 40 - Matthieu 5, 43 à 6, 4 - Matthieu 10, 6b à 13

Les occasions d'être charitables et solidaires n'ont jamais manqué dans l'histoire. De tous temps les êtres humains ont eu besoin les uns des autres. L'entraide a d'ailleurs été, dans les temps primitifs, le principal facteur de survie, l'individu seul ayant peu de chance de survivre sans le clan ou la tribu.
La sécurité que la modernité apporte amoindrit cet aspect de la solidarité. C'est, sans doute, la première raison pour laquelle on est moins charitable à l'heure actuelle. Il suffit de voyager dans un désert — où, par définition, la vie est plus fragile — pour se rendre compte que ses habitants ont su garder le sens de la solidarité.
Mais, je dois dire que je suis assez agréablement surpris de voir que l'entraide n'a pas totalement disparu. L'élan populaire et mondial qui se manifeste lors des grandes catastrophes en témoigne. On peut, bien sûr, se demander quel est l'état d'esprit qui suscite de tels élans, tant l'homme moderne a pour réflexe la rentabilité et le refus de l'acte gratuit. C'est pourquoi, je me suis intéressé à ce que l'Evangile avait à nous dire à ce sujet. Et c'est dans la parabole du jugement (en Matthieu 25), que j'ai trouvé des réponses.

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CESAR OU DIEU

Matthieu 22, 15 à 22 - Habacuq 2, 6b à 11 - Galates 5, 16 à 25

Alors, les pharisiens allèrent tenir conseil sur les moyens de le prendre au piège en parole (v. 15).
Le alors a toute son importance, il attire notre attention sur le contexte.
La scène se passe au cours de la semaine sainte. On est à quelques jours de la crucifixion. La tension est vive entre Jésus et les docteurs de la loi. Jésus vient de raconter la parabole des noces, dans laquelle un maître invite des personnes choisies ; mais elles déclinent toutes l'invitation. Le maître décide donc d'inviter n'importe qui. Le message est clair, et les Pharisiens l'ont compris : Israël, initialement choisi et invité, n'a pas répondu à l'invitation du Père. Du coup, ce sont les nations qui sont maintenant invitées. Pour les Juifs, ce message est hérétique. Les Pharisiens ne peuvent laisser Jésus répandre ce genre de discours ; ils décident donc de le piéger.

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LE LIEU OU LE TEMPS

Ephésiens 2, 11 à 22, Esaïe 65, 17 à 25, Jean 7, 25 à 36

Lorsque j'étais en Normandie, j'ai reçu, un jour, un coup de téléphone d'un jeune catholique. Il souhaitait se marier avec une jeune femme, catholique comme lui. Pourquoi donc me contactait-il, moi pasteur protestant ? Parce qu'il voulait que la cérémonie se passe en plein air ; or le prêtre ne l'acceptait pas. La cérémonie religieuse devait se passer à l'Eglise, et nulle part ailleurs. Cette position traditionnelle du catholicisme illustre l'importance que cette Eglise donne au lieu. Cet attrait pour la dimension spatiale remonte aux Grecs.

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LES CLEFS DU ROYAUME

Matthieu 16, 13 à 20, Esaïe 22, 15 et 19 à 23, 1 Corinthiens 3, 10 à 15

Peu de textes ont été aussi commentés que ce passage de l'évangile de Matthieu. Ne serait-ce que pour étayer ou critiquer l'interprétation catholique de ces versets. Interprétation qui voit dans ce texte la source et la légitimité du pouvoir pontifical. Jésus donnerait à Pierre le pouvoir de délier ou non quelqu'un de ses péchés, et, par là même, le disciple ouvrirait ou fermerait le royaume des cieux. C'est ce qu'on appelle le pouvoir des clefs. L'Eglise catholique considère que ce pouvoir est transmis aux successeurs de Pierre, c'est-à-dire aux évêques de Rome.

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FILIATION HUMAINE OU SPIRITUELLE ?

Luc 11, 27 à 28, Genèse 15, 1 à 6, Galates 3, 1 à 14

La déclaration de cette femme, au milieu de la foule et à l'adresse de Jésus m'étonne : Heureuse celle qui t'a porté et qui t'a allaité !
Il est important de noter que c'est une femme qui s'exprime ainsi et non un homme. Est-ce la volonté, consciente ou inconsciente, d'une femme de rehausser le prestige du sexe féminin par le biais du Christ ? Il s'agirait de rappeler que cet homme extraordinaire qui fait des miracles n'est pas apparu spontanément, comme tombé du ciel, il a une mère ; celle-ci y est donc pour quelque chose. Cette mère serait le signe que les femmes sont capables de grandes et belles choses, y compris de participer au plan de Dieu. C'est la mère qui est déclarée heureuse, dans la déclaration de cette femme, et non la femme en général, nous y reviendrons.
Cette démarche existait peut-être chez l'interlocutrice de Jésus. Et, étant donné la façon dont les femmes ont été traitées dans l'histoire, on peut considérer qu'il y a là une initiative intéressante. Mais la glorification de la mère comporte des dangers, et se retourne curieusement contre les femmes.

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AMOS L'INDIGNÉ

Amos 7, 10 à 17 -  2 Corinthiens 5, 14 à 21 - Marc 6, 7 à 15

Y a-t-il un prophète pour sauver Israël ? Ou faut-il aller en chercher un en Juda ?
Et d'abord sauver Israël de quoi ? De quoi faut-il sauver un pays riche, prospère et en paix ?
Un nouveau prophète de malheur n'est décidément pas bienvenu en Israël.
Nous n'avons pas le temps de lire tout le livre du prophète Amos ici ce matin. Je vous propose donc ce dialogue, qui résume et cristallise non seulement tout le message d'Amos, mais aussi la façon dont il a été reçu en Israël.
Voici deux hommes qui s'affrontent : à ma droite Amacya, le grand sacrificateur de Béthel, avec son discours modéré et policé, et à ma gauche Amos, le prophète berger, qui n'hésite pas à invectiver et insulter son interlocuteur.

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LA CENE : UNE COMMUNION DE TABLE

1 Corinthiens 11, 17 à 34 ; 12, 12 à 13 et 27, Matthieu 9, 10 à 13

Je n’ai pas trouvé de culture où le repas pris en commun ne soit pas vécu comme un signe de communion. Partout dans le monde, partager un repas exprime l’établissement ou le renforcement d’une relation particulière.
C’est bien ce qui gênait les scribes et les pharisiens dans l’attitude du Christ ; car, malgré leurs critiques à son égard, ils avaient reconnu en Jésus un Rabbi, un maître. Or, Jésus mangeait avec n’importe qui. Avec des pharisiens, bien sûr, mais aussi avec des gens dits "de mauvaise vie".
Jésus ne fait pas de différence, il offre sa communion à tous, et il le fait sous la forme de son repas. C'est pourquoi la Cène ne peut être réservée à des privilégiés, elle est le signe de l'universalité de la communion avec le Christ, et des uns avec les autres. Il est dommage que l'évolution du repas du Seigneur, dans l'Eglise, ait parfois fait perdre de vue ce fondement essentiel.

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JE VOUS AI RELEVES

Jean 2, 13 à 25, 1 Samuel 16, 4 à 13, Ephésiens 2, 1-10

Quand Jésus revint de la mort à la vie, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; et ils crurent à l'Ecriture et aux paroles que Jésus avait dites (Jean 2, 22).

Il leur en a fallu du temps aux disciples, pour croire. Ils ont passé plus de 3 ans avec Jésus, ils l'ont vu faire des miracles, ils ont éprouvé sa sagesse et sa foi, et cependant, ce n'est qu'après sa résurrection qu'ils ont cru en lui.
On dirait que le texte se plaît à attirer notre attention sur ce point. En effet, le verset suivant dit : Pendant que Jésus était à Jérusalem, ... beaucoup crurent en lui en voyant les miracles qu'il faisait. Y aurait-il une rivalité, dans le texte, entre la foule qui croit tout de suite en Jésus, pendant qu'il est à Jérusalem, et les disciples qui ont besoin de la résurrection pour croire ?
Rivalité oui, mais pas dans le sens que je semble indiquer. Car le texte critique la croyance de la foule. Cette croyance s'appuie sur les miracles, c'est-à-dire sur l'apparence, et la notion de puissance qui s'en dégage. C'est pourquoi cette croyance n'est pas la foi. En effet, la foi c'est la confiance en ce qui est ni puissant, ni évident. Jésus n'avait pas confiance en eux, dit le verset 24, parce qu'il les connaissait tous très bien.

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